Ligue 1 : Le paludisme a «bousillé physiquement» Abdou Traoré

Marc Nouaux

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Professionnel depuis 2008, Abdou Traoré n'a toujours pas confirmé les espoirs qui avaient été placés en lui par les dirigeants bordelais.
Professionnel depuis 2008, Abdou Traoré n'a toujours pas confirmé les espoirs qui avaient été placés en lui par les dirigeants bordelais. — FAYOLLE / SIPA

Il aura en tout perdu plus d’un an. Victime du paludisme en revenant d’un match avec la sélection lors de l’automne 2011, le Malien, Abdou Traoré (25 ans), retrouve progressivement tous ses moyens. Le milieu de terrain girondin, de plus en plus utilisé par Francis Gillot, raconte sa traversée du désert et évoque son avenir.

 La solitude et la fatigue. «C’était difficile de regarder les matchs à la télé. Les collègues s’entraînaient et jouaient au foot et moi j’étais tout seul à la maison. Ma famille est en Afrique donc heureusement qu’il y avait ma copine avec moi. Moralement, c’est dur quand tu es tout seul. Le paludisme, ça te fatigue énormément. Je me sentais fatigué même quand j’étais allongé sur mon lit. Ca m’a bousillé physiquement. En plus, ça m’a stressé car je me sentais écarté.»

Un énorme frein dans sa carrière. «Avec Laurent Blanc, cela se passait très bien, je rentrais régulièrement en jeu. Quand il est parti, Jean Tigana a voulu me prêter. Je suis allé à Nice et ça s’est bien passé [Il a disputé 28 matchs et marqué 1 but]. Quand je suis revenu, j’étais bien dans ce début de saison mais après, je suis tombé malade. C’est la maladie qui m’a mis en retard dans ma carrière. Maintenant, il faut que je travaille physiquement. Je me sens en retard par rapport aux autres. Je commence à jouer un peu, il ne faut pas que je lâche. Le coach me fait confiance car je fais de bons entraînements pour mériter ma place donc ça m’encourage à être meilleur.»

Confiance en l’avenir. «Physiquement, si je suis bien, je n’ai peur de rien. Je suis sous contrat jusqu’en 2015, ça me laisse le temps de pouvoir prouver ma vraie valeur à Bordeaux. J’ai tout commencé ici, j’y ai appris beaucoup de choses. Le but, c’est de bien terminer la saison en essayant d’avoir du temps de jeu et après, je pourrai bien me préparer pendant l’été pour bien démarrer l’année prochaine. Moi, ce que j’aime bien, c’est jouer milieu axial pour toucher beaucoup de ballons et prendre confiance dans un match. J’aime dribbler et faire des une-deux. J’ai de bonnes qualités de passe et de percussion et je sais garder la balle. Après, je manque de vitesse et il faut que j’améliore mon marquage. Défensivement, j’ai un peu plus de mal, ce n’est pas naturel pour moi. »