Pour Alain Juppé, «Peillon a réussi le tour de force de se mettre à dos la communauté éducative»

RYTHMES SCOLAIRES Le maire de Bordeaux n'appliquera la réforme qu'en 2014. Elle devrait coûter à sa ville «entre trois et quatre millions d'euros par an», estime-t-il...

Mickaël Bosredon

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Illustration, cour d'ecole
Illustration, cour d'ecole — FRED SCHEIBER/20 MINUTES

La pilule ne passe pas. Après avoir sorti la calculette, le maire de Bordeaux Alain Juppé estime entre «trois et quatre millions d’euros par an» le coût pour sa ville, de la réforme des rythme scolaires décidée par le ministre de l’Education Vincent Peillon. «Et qu’on ne me dise que j’exagère les chiffres. La ville de Paris a estimé que ça lui reviendrait entre 40 et 50 millions d’euros, proportionnellement c’est assez identique» a estimé l’élu. Ramené au nombre d’élèves bordelais, le coût serait entre 300 et 350€ par enfant à l’année. «Or, l’Etat ne nous propose une compensation que de l’ordre de 50€» a fustigé Alain Jup

Cette réforme «n’apportera aucun bénéfice aux enfants»

«Dans ces conditions», explique le maire de Bordeaux,  et comme d’autres villes, y compris socialistes, je pense à Lille, Lyon, Strasbourg, et dans la banlieue de Bordeaux à Mérignac ou Pessac, j’ai décidé de me donner jusqu’à 2014 pour appliquer cette réforme, pour la mettre en place de la manière la plus intelligente possible.»

Plusieurs problèmes se posent en effet face à l’élu. «A Bordeaux, les parents d’élèves préfèrent en grande majorité que leurs enfants aient cours le mercredi matin, et qu’ils aillent à la cantine le midi. Comment allons-nous absorber le coût de la prise en charge du midi?» s’interroge Alain Juppé. Autre exemple: «Les éducateurs disponibles jusqu’à présent le mercredi matin pour des activités péri-scolaires, le seront-ils à un autre moment de la semaine?»

Pour Alain Juppé, cette réforme, qu’il trouve «curieux de vouloir appliquer au moment du débat sur la durée des vacances scolaires», «n’apportera aucun bénéfice réel aux enfants.» « Vincent Peillon a tout de même réalisé le tour de force de se mettre à dos la communauté éducative, qui vote aux trois-quarts socialiste», a également lancé le maire de Bordeaux.