Le juge Gentil, un homme très discret

JUSTICE Il a mis en examen Nicolas Sarkozy jeudi soir dans le cadre de l'affaire Bettencourt. Mais, même à Bordeaux, très peu connaissent ce juge très discret...

Mickaël Bosredon

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Depuis décembre 2010, c'est le juge d'instruction qui mène la barque dans le volet bordelais de l'affaire Bettencourt : à 51 ans,Jean-Michel Gentil gère ce dossier d'Etat avec une réputation d'homme inflexible et très discret.
Depuis décembre 2010, c'est le juge d'instruction qui mène la barque dans le volet bordelais de l'affaire Bettencourt : à 51 ans,Jean-Michel Gentil gère ce dossier d'Etat avec une réputation d'homme inflexible et très discret. — Pierre Andrieu afp.com

Il restera celui qui a mis en examen un ancien président de la République. Pourtant, très peu connaissent le juge Jean-Michel Gentil. En poste à Bordeaux depuis 2004, le juge d’instruction a une réputation d’homme discret, fuyant la médiatisation.

Depuis qu’il a convoqué pour la première fois Nicolas Sarkozy dans le cadre de l’affaire Bettencourt, fin 2012, il a été traqué par les photographes et cameramen pendant des mois sans succès. Les médias ont dû se contenter des très rares images qui existaient de lui. Il faut dire que Jean-Michel Gentil a tout fait pour déjouer la traque dont il est l’objet depuis le début de cette affaire, changeant chaque jour ses parcours entre son domicile et le tribunal, et usant de différents moyens de transport pour se rendre sur son lieu de travail.

Le jour-même de la première audition de Nicolas Sarkozy, il serait même passé, en scooter, au milieu des journalistes, sans être démasqué…

En charge de l'affaire Bettencourt depuis 2010

Âgé de 52 ans, natif de Saumur, fils de garagiste et aujourd’hui marié à une magistrate, Jean-Michel Gentil a fait ses études à Sciences-Po Bordeaux, puis à l’école nationale de magistrature (ENM). Après avoir connu différents postes, dans le Nord, en région parisienne et en Corse, toujours en tant que juge d’instruction, il revient à Bordeaux en 2004. Nommé pour dix ans, il devra choisir une nouvelle affectation d’ici à la fin de l’année. Il aurait déjà formulé le souhait de partir sur Paris.

Il a «hérité» de l’affaire Bettencourt en 2010. Deux autres juges sont co-saisis avec lui. Le juge bordelais a une réputation de «dureté» et «d’intransigeance» dans ses interrogatoires, selon les rares témoignages le concernant. Et de solitaire, aussi.