Une hausse des prix à deux vitesses en Gironde

IMMOBILIER Les prix continuent d'augmenter à Bordeaux pour frôler les 3.000 euros du m2. Certains quartiers en devenir font l'objet de spéculations de la part des investisseurs...

Elsa Provenzano

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Des annonces immobilières dans la vitrine d'une agence à Bordeaux.
Des annonces immobilières dans la vitrine d'une agence à Bordeaux. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Un petit Paris? Non, à part sur quelques secteurs très circonscrits du Triangle d’Or et d’Arcachon les prix dans la région Bordelaise n’ont rien de comparables avec la capitale mais ils ne cessent de grimper depuis dix ans. Sur cette période, Bordeaux est passé du douzième au cinquième rang dans le classement décroissant des villes les plus chères au m2. C’est ce qui ressort du bilan, présenté mardi, par les notaires de la Gironde pour l’année 2012. Bordeaux se rapproche de villes comme Lyon et Lille et a dépassé Toulouse depuis maintenant six ans. Le prix médian au m2 dans la capitale Girondine se situe à 2.910 euros, soit une progression de plus de 6% en un an. Des contrastes apparaissent entre les quartiers, en fonction des projets politiques qui se dessinent pour les années à venir.

La Gare Saint-Jean et Bacalan prennent du galon

Dans ces secteurs, d’importants projets d’aménagements vont bouleverser le paysage urbain. Un quartier d’affaires, de nouveaux logements et des commerces vont pousser dans le périmètre d’Euratlantique qui comprend la gare Saint-Jean. Les Bassins en flot, desservis depuis ce lundi par le nouveau pont Chaban-Delmas se préparent aussi à une métamorphose. «Dans ces quartiers les prix ont augmenté de 14% et, il est vrai que c’est un peu spéculatif pour le moment», commente maître Fabrice Gauthier, notaire. À l’inverse, Caudéran a vu ses prix légèrement chuté (0,2 %). Ce quartier n’est pas desservi par le tramway et aucun projet d’envergure ne s’y dessine. La partie de Caudéran la plus éloignée des boulevards (Lestonat Monsejour) affiche des prix en moyenne inférieurs à 2.500 euros le m2. Un gros volume d’offres se retrouve sur le marché puisque le nombre de décès y est important. «Ce sont des appartements des années soixante et cela fait chuter les prix car il y a souvent tout à y refaire», analyse le notaire Bordelais.

Malgré une loi de finance rectificative jugée négativement, la baisse des taux bancaires et l’attractivité de la métropole Bordelaise poussent les notaires à se montrer optimistes pour les mois à venir.

Des prix très variables sur l’agglomération

Sur la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB), le prix moyen du m2 est de 2.240 euros, soit une évolution de 3, 4% par rapport à 2011. « Les acquéreurs cherchent des terrains d’environ 500 m2 et des maisons non mitoyennes», explique Maître Thibault Sudre, notaire. Des attentes qui vont à l’encontre des efforts déployés par la CUB pour densifier et lutter contre l’étalement urbain. L’évolution des prix sur l’année 2012 est très différente en fonction des communes : « Celles de l’ouest de la CUB ont des prix plus importants qu’à l’est. Sur l’ensemble de la CUB, ils varient du simple au double », estime le notaire. À Saint-Aubin-de-Médoc par exemple, le prix moyen du m2 sur le marché des maisons anciennes a augmenté de plus de 14%. Sur cette commune, il faut compter plus de 380.000 € en moyenne pour une maison contre un peu plus de 200.000 euros pour le même type de bien à Floirac. La rive droite (Cenon, Lormont et Floirac) reste le secteur le plus accessible de la CUB.

Arcachon reste à part

Ce marché est bien à part en Gironde puisqu’il oscille entre 5.500 et 7.000 € au m2 à Arcachon. En 2012, la hausse la plus significative concerne les terrains à bâtir qui ont augmenté de presque 18%. La part des acquéreurs originaires de Gironde (hors Bassin d’Arcachon) a chuté de presque 20%.