Ligue Europa: Gernot Rohr estime les Girondins «capables du même parcours qu'en 1996»

FOOTBALL L'ancien entraîneur girondin trouve des similitudes entre le parcours européen de 1996 et celui de cette saison...

Propos recueillis par Marc Nouaux

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Gernot Rohr, lors de la Coupe d'Afriques des Nations, le 5 février 2013.
Gernot Rohr, lors de la Coupe d'Afriques des Nations, le 5 février 2013. — F. MORI / AP / SIPA

Gernot Rohr est le seul entraîneur à avoir conduit Bordeaux en finale d'une Coupe d'Europe (contre le Bayern en 1996). Observateur régulier des Girondins, l'actuel sélectionneur du Niger donne son sentiment avant le déplacement des Girondins à Lisbonne, jeudi, en 8e de finale aller de Ligue Europa.

Etes-vous fier d’être le seul entraîneur à avoir disputé une finale de Coupe d’Europe avec Bordeaux ?
Oui, je suis content de ça. Après, la fierté, c’est un grand mot. On a fait un parcours légendaire, c’est vrai.

Vous suivez toujours régulièrement les résultats des Girondins ?
Je suis un fervent supporteur. J’y ai passé 21 ans, c’est mon club de cœur. Même si je ne suis pas là tout le temps, je vais régulièrement au stade pour assister aux matchs, d’autant que je me sens particulièrement concerné par le petit Poko que j’ai ramené du Gabon.

Pourquoi n’arrivent-ils pas à faire mieux en championnat ?
Il y a des saisons comme celle-ci où c’est plus difficile avec des blessés et un effectif remanié. Il faut de la patience et faire confiance au staff qui travaille bien. Et puis, faire une saison tranquillement au milieu du tableau, ça peut permettre aux jeunes joueurs de s’épanouir pour l’année prochaine.

Le parcours de cette saison vous fait-il penser à celui de 1996 ?
Oui, en championnat, nous n’étions pas extraordinaires mais en Coupe d’Europe, les garçons se surpassaient. C’est ce qu’ils ont fait contre le Dynamo Kiev et ce qu’il faudra faire contre Benfica. Je disais justement l’autre jour à Jean-Louis Triaud qu’ils étaient capables de faire le même parcours qu'en 1196. Il m’a répondu que ce n’étaient pas les mêmes joueurs…

En effet, il n’y a pas de Zidane, Dugarry ou Lizarazu cette saison…
A l’époque, on n’avait que trois ou quatre très bons joueurs. Le reste, c’étaient des jeunes qui n’étaient pas encore au top. C’est surtout une question de motivation.

Pour aborder les matchs, vous aviez une crainte de l’adversaire ou plutôt le sentiment que rien ne pouvait vous arriver ?
On ne craignait personne mais on les respectait tous. Quand on est 12e ou 15e en championnat, on est obligé de rester humble. A chaque fois, on était outsider. Si les joueurs sont motivés, ils peuvent aller très loin cette saison.