Amiante : délibéré sur la responsabilité du port

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Jean-Claude Monti, ex-employé du port autonome de Bordeaux, ne connaîtra jamais le délibéré de la chambre sociale de la cour d'appel attendu aujourd'hui. Cet ancien agent d'entretien de 61 ans est décédé en juillet des suites d'un cancer, deux mois après l'audience en appel contre le port, accusé d'avoir exposé ses salariés à l'amiante. « Ça a été horrible pour lui, témoigne Marcel de Bilbao, le président de l'Association des dockers et travailleurs portuaires victimes de l'amiante. Il a été hospitalisé deux jours après, j'aurais voulu que les responsables voient dans quelles conditions il est décédé. » Le port autonome préfère attendre le délibéré pour s'exprimer sur l'affaire.

Les dix-huit dockers qui ont attaqué avec lui le port et les entreprises portuaires en 2005 ont eu plus de chance. Pour onze d'entre eux, la faute inexcusable du port et des entreprises a été définitivement reconnue dès le mois d'août 2005 : une première. Pour les autres, l'audience en appel est prévue le 30 novembre. Jean-Claude Monti n'étant pas docker, son cas a été jugé à part.

C'est avec sérénité que l'avocat du salarié, Pierre Sirgue, attend le délibéré. « La décision du tribunal des affaires de Sécurité sociale de Bordeaux du mois d'août établit de manière permanente la responsabilité du port. » Cette victoire a fait des émules, puisque Pierre Sirgue suit aujourd'hui près de cent dossiers liés à l'amiante. « Il y a des plombiers, des salariés d'EDF, de la SNCF... » Mais cela reste minime, en raison de la spécificité du contentieux : « Il y a un délai de deux ans à respecter à compter de la connaissance de la maladie professionnelle, que certains ignorent. Et la démarche est compliquée pour des ouvriers qui n'ont pas la culture de la procédure ou pour des gens malades », reconnaît-il. Une fois la procédure civile des dockers terminée, l'avocat envisage d'attaquer au pénal.

Orianne Dupont

En cas de faute inexcusable, la rente des salariés est majorée et ils bénéficient d'une réparation des préjudices physiques et moraux évalués par un expert.