Les pesticides entrent à l'école

ENVIRONNEMENT Une étude a été menée dans quatre établissements situés en zone rurale en Gironde...

Mickaël Bosredon

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Pulvérisation de pesticides agricoles en France.
Pulvérisation de pesticides agricoles en France. — LECARPENTIER/SIPA

C’est une première dans l’étude des pesticides dans l’air. L’observatoire de la qualité de l’air en Aquitaine Airaq vient de publier les résultats d’une enquête menée en 2011 sur quatre écoles situées en zone rurale, à Saint-Emilion, Saint-Estèphe, Saint-Gervais et Saint-Sulpice-de-Faleyrans, proches de zones viticoles. Les conclusions font état de « la prédominance des fongicides dans l’air ambiant, notamment le Folpel » et d’une « forte saisonnalité, avec des niveaux très faibles relevés au printemps », et plus conséquents durant l’été.

Le Folpel est un fongicide de la famille des phtamilides. Cette substance est classée B2 par l’Environnemental Protection Agency (EPA), c’est-à-dire « cancérogène probable pour l’homme », et selon la directive générale de classification pour les préparations de l’Union européenne, elle doit être étiquetée en mentionnant : « effet cancérogène suspecté - preuves insuffisantes. » Deux autres fongicides ont été retrouvés, le Mancozebe et le Metiram Zinc, de la famille des dithiocarbamates, tous deux également classés B2 par l’EPA.

Des résultats à creuser

Patrick Bourquin, directeur d’Airaq, reste néanmoins prudent à ce stade de l’étude. « La difficulté avec les pesticides, est qu’il n’existe pas de seuil réglementaire, contrairement à d’autres polluants » souligne-t-il. Impossible donc de savoir si les concentrations mesurées, de l’ordre d’une vingtaine de nanogrammes par mètre cube d’air sur chaque école, sont potentiellement dangereuses. Par ailleurs, ces mesures doivent dorénavant être croisées avec une enquête de terrain menée par l’Isped (Institut de santé publique d’épidémiologie et de développement) de l’université de Bordeaux 2, portant sur les difficultés respiratoires des enfants.