Bordeaux veut continuer à exploiter le filon touristique

TOURISME La ville est de nouveau devenue une destination touristique ces dernières années. Et elle a de la suite dans les idées pour le rester...

Mickaël Bosredon

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L'édition 2012 de Bordeaux fête le vin a attiré plus de 500.000 visiteurs.
L'édition 2012 de Bordeaux fête le vin a attiré plus de 500.000 visiteurs. — S.ORTOLA/20MINUTES

La «Belle endormie» s’est réveillée, et ne veut plus s’assoupir. Alors qu’Alain Juppé a mis en avant, mercredi à l’hôtel de ville de Bordeaux, le «boom du tourisme» dans la ville ces dix dernières années, il a relevé qu’il restait deux «zones blanches», à couvrir au plus vite. «Il va falloir monter en puissance lors de la période estivale, entre le 14 juillet et fin août, car il ne se passe pas grand-chose à Bordeaux» a convenu le maire. Il souhaiterait ainsi «pérenniser le spectacle son et images» projeté place de la Bourse en juin 2012 lors de la Fête du vin. Laurent Maupilé, délégué général de Bordeaux grands événements, a indiqué à 20Minutes que ce projet «avançait bien»: «c’est essentiellement une question d’argent, car pérenniser ce spectacle tout l’été a un coût.» Mais l’homme des grandes manifestations bordelaises s’est montré confiant: «le tour de table financier est quasiment bouclé.» Et il garde espoir de pouvoir organiser cet événement dès l’été 2013.

Une fête gastronomique l’hiver?

Seconde «zone blanche»: la période hivernale. Les chiffres communiqués par l’office du tourisme sont éloquents: 70% des nuitées hôtelières à Bordeaux se réalisent de mai à octobre. Les professionnels du tourisme réfléchissent donc à un événement capable d’attirer les touristes en dehors de cette période. «Au niveau de la Chambre de commerce et d’industrie, nous travaillons sur une fête des produits du Sud-Ouest, célébrant la gastronomie, qui partirait des marchés de Bordeaux» explique Thierry Gaillac, directeur du Burdigala et président de la commission tourisme de la CCI. La chambre de commerce souhaiterait que cette manifestation ait lieu «fin janvier ou début février» et ce «dès 2014.» Elle se produirait dans divers endroits du centre-ville.

Stéphane Tillement, président de Mauriac Voyages et Wine tour in France, qui organise des séjours touristiques hauts de gamme sur la région, milite également pour un événement hivernal capable de capter une nouvelle clientèle. Mais l’idée d’une fête gastronomique le laisse sceptique. «La région est déjà connue pour ses atouts culinaires, qu’est-ce que cela apporterait de plus? Je verrais plutôt quelque chose autour de l’art. Il faut un événement qui marque les esprits, car la concurrence à cette époque de l’année est rude, surtout en cette période de crise. Toutes les stations balnéaires, Cannes, Barcelone… ont faim, et cassent les prix sur leurs séjours en hiver. Il n’est pas rare de trouver des séjours dans les palaces de Cannes à -60% en février. Pour attirer la clientèle sur un «city break» à Bordeaux, il faut un festival fort.»

Laurent Maupilé estime de son côté qu’il «ne faut surtout pas se précipiter. Il manque un événement durant l’hiver à Bordeaux, quelque chose de fort, c’est certain. Mais il faut se donner le temps de trouver la bonne idée, et la bonne organisation.»