Vols de métaux : la chasse est ouverte

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« Presque un vol tous les trois jours dans l'agglomération. » Le directeur départemental de la sécurité publique, Albert Doutre, veut mettre un coup d'arrêt aux disparitions de métaux, qui se multiplient partout en France, du fait de la hausse des cours. « Dans la région bordelaise, le phénomène s'est accéléré ces derniers mois », ajoute-t-il. Plus de cent méfaits, allant du petit larcin à la razzia, ont été recensés depuis le début de l'année par les services de police. Plus d'une soixantaine d'interpellations ont été effectuées, dont une quinzaine la semaine dernière, soit environ une tous les cinq jours.

Cibles privilégiées : les chantiers – comme celui du pont de Cracovie –, où le matériel reste en place la nuit, les entrepôts mais aussi les lignes de chemin de fer. Une nouvelle limite a été franchie la semaine dernière quand des câbles en cuivre servant à la signalisation ont été dérobés le long de la ligne SNCF Bordeaux-Paris, sur la commune de Coutras. Des milliers de voyageurs ont été retardés.

« Tout le monde est victime, déplore un chef d'entreprise bordelais spécialisé dans les structures aluminium. Le cours de la tonne a pris 70 % en un an et demi, passant de 1 800 à 2 700 dollars [1 400 à 2 100 euros]. Il nous est impossible de répercuter cette hausse sur nos produits et en plus on se fait voler des matériaux. »

Les forces de l'ordre prennent le problème très au sérieux. La présence policière aux abords des sites sensibles s'est accrue, ainsi que la vigilance à l'égard des entreprises de recyclage, souligne Albert Doutre. « Elles achètent parfois à des voyous qui ont recélé des métaux volés », précise-t-il. Et elles ne tiennent pas à jour leurs registres. « Or, le Code pénal leur impose de réclamer la carte d'identité de chaque revendeur et de noter la description de l'objet vendu. »

M. G.