Rétention d'huîtres sur le Bassin

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Les huîtres sont de nouveau commercialisables, mais les ostréiculteurs refusent de les vendre. A la suite de résultats d'analyse favorables, le préfet a levé, hier, l'interdiction de vendre les huîtres en vigueur depuis le 31 août, bien que les causes du décès d'un homme de 77 ans la semaine dernière restent inconnues. Selon le ministère de l'Agriculture, les résultats de l'autopsie ne seront révélés que dans dix jours.

Estimant ne pas être blanchie, la majorité des trois cent vingt ostréiculteurs réunis hier a décidé de ne pas vendre d'huîtres tant que le ministère ne les a pas mis officiellement hors de cause. « Vis-à-vis de ma clientèle, je suis discrédité, c'est difficile de faire du commerce dans ces conditions-là », explique Yvon Dufau de Gujan-Mestras. Mais hier, les avis divergeaient car tous ne peuvent pas rester dix jours de plus sans travailler. Divergences qui ont d'ailleurs provoqué la fureur de Marc Druart, président de la section régionale conchylicole (SRC) qui a annoncé sa démission. De son côté, la direction générale de la santé se dédouane : « On cherche si le deuxième décès est lié aux huîtres consommées à l'époque, lorsque les tests étaient mauvais. Aujourd'hui, les résultats sont bons. » Certains ostréiculteurs pensent que l'annonce des décès en pleine crise était destinée « à [les] faire taire ».

Orianne Dupont

En août, la filière a subi une perte d'environ 8% de son chiffre d'affaires. Pour septembre, cette perte est évaluée à 10%. Le manque à gagner des ostréiculteurs du Bassin avoisine les quatre millions d'euros.