A Bordeaux, les indépendants résistent

CULTURE Alors qu'une menace de fermeture plane sur le magasin Virgin de Bordeaux, les libraires et disquaires indépendants tentent de se faire une place...

Elsa Provenzano
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La librairie Mollat de Bordeaux
La librairie Mollat de Bordeaux — S.ORTOLA/20MINUTES

Alice Média store, à Bordeaux-Lac, a baissé définitivement son store mercredi et le magasin Virgin Méga store de la Place Gambetta met lui aussi la clé sous la porte (cf. encadré). Si les temps sont durs pour ces grosses enseignes de produits culturels, ils le sont également pour les libraires et disquaires indépendants, qui résistent plus ou moins bien.

«C’est la Fnac qui va ramasser»

À Bordeaux, on dénombre moins d’une dizaine de disquaires. Depuis cinq ans aucune boutique n’a été créée. « La fermeture de Virgin ne va pas empirer la situation, ceux qui sont intéressés par les disques vont peut-être même retrouver le chemin des petits disquaires », estime Christel Chapin, coordinatrice à la Feppia (Fédération des Éditeurs et Producteurs Phonographiques Indépendants d’Aquitaine). Chez Total Heaven, disquaire bordelais généraliste, on respire un peu mieux depuis six mois : « il y a un regain d’intérêt pour les vinyles, ils représentent maintenant 70 % de nos ventes », assure Xavier Randrianasolo, co-gérant du magasin. Cependant, il ne se fait aucune illusion sur le report des clients suite à la fermeture de Virgin : « c’est plutôt la Fnac qui va ramasser ». La librairie Mollat par contre, dont les ventes de disques ne faiblissent pas, a une zone de chalandise très proche de Virgin et peut se targuer d’un bon bilan financier, avec plus de 25 millions d’euros de chiffre d’affaires. « Nos points forts reposent sur le conseil et sur des stocks très importants (290 000 références de livres) », précise Sylvie Giberay, directrice administrative et financière chez Mollat.

«Nous avons été assez préservé jusqu’à maintenant mais la fin d’année a été difficile. On observe une grande frilosité dans la consommation», estime Jean-Marie Martin, président de l’association des librairies Atlantiques. Deux nouvelles enseignes viennent cependant d’ouvrir à Bordeaux depuis le mois de décembre.