Saint-Eloi a dit amen au pape

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Ambiance de liesse à Saint-Eloi, hier matin. Pleine à craquer, la petite église traditionaliste de Bordeaux résonnait d'une ferveur redoublée durant l'office. Longtemps exclue de l'Eglise catholique, en raison de son affiliation à une organisation intégriste (la Fraternité Saint-Pie X), la paroisse vient de renouer avec le Vatican. Son fondateur, l'abbé Philippe Laguérie, ainsi que quatre autres prêtres, se sont ralliés à Rome vendredi, après avoir reçu l'autorisation de célébrer la messe en latin et de créer « un institut de droit pontifical ». Baptisé Institut du bon pasteur, il aurait son siège à Bordeaux et permettrait d'enseigner à des séminaristes le rite catholique grégorien.

Cette reconnaissance tardive est un renversement de situation inespéré pour les paroissiens. « Nous qui avons toujours été considérés comme intégristes et schismatiques, on a du mal à réaliser », confie Anne, 24 ans. « Etre enfin reconnu par Rome était une priorité pour nous », ajoute Gauthier, 18 ans, qui estime que « la messe en latin donne envie d'être catholique ». Le sourire aux lèvres dans sa soutane noire, l'abbé Laguérie reconnaît que la situation de Saint-Eloi « était bancale juridiquement ». C'est désormais de l'histoire ancienne. « L'institut nous donne les moyens de faire d'autres Saint-Eloi, sans avoir recours au bras de fer (...). Il faut créer d'autres vies paroissiales comme celle-là », lance-t-il, avant de s'offrir un petit bain de foule au milieu des fidèles venus l'acclamer.

Marion Guillot

Les cinq prêtres ralliés au Vatican ont été exclus en 2004 de la Fraternité Saint-Pie X, organisation intégriste fondée par Mgr Lefebvre, en raison de leur tentative de rapprochement avec le Vatican.