Un jeudi test pour les ostréiculteurs

©2006 20 minutes

— 

 
  — no credit

Les résultats des derniers tests seront connus demain. « Et ils ont intérêt à être bons », menace le président de la section régionale conchylicole, Marc Druart. Il sera reçu cet après-midi par le ministre de l'Agriculture et de la pêche, Dominique Bussereau, avec une délégation d'ostréiculteurs, d'élus du bassin d'Arcachon et de scientifiques, pour tenter de trouver une issue à la crise.

Le ramassage et la vente des huîtres sont interdits depuis jeudi par la préfecture, principe de précaution oblige. « Mais on ne nous dit pas ce qui les rend inconsommables ! », tempête le président de la section. Il rappelle qu'« entre 500 et 700 tonnes d'huîtres ont été vendues en juillet-août » et que « personne n'est malade ». Des analyses contradictoires font également planer le doute sur la toxicité des huîtres, établie par le test « souris » de l'Ifremer. Si ce dernier reste à ce jour le seul autorisé par l'Union européenne et reconnu par l'agence française de sécurité sanitaire (Afssa), le ministère a infléchi sa position, hier : dans un communiqué, il a promis à la délégation de faire « un point sur les travaux engagés visant à mettre en place un test chimique plus fiable ». Une tentative d'apaisement, alors que l'abattement rivalise avec la colère dans les villages ostréicoles. Près de 350 entreprises sont paralysées, soit un millier d'emplois directs. Et l'interpellation de trois ostréiculteurs, hier matin, n'a pas contribué à calmer les esprits. Selon les forces de l'ordre, ces hommes auraient participé aux dégradations perpétrées samedi, sur les locaux de l'Ifremer et de la sous-préfecture. « On cherche à nous mettre la pression et à nous faire comprendre qu'il vaut mieux nous tenir tranquille », déplore Marc Druart. Hier soir, deux des trois interpellés ont été libérés et mis hors de cause.

Marion Guillot

Des ostréiculteurs organisent une manifestation pacifique et « funèbre » cet après-midi, à 15 h 30, à Arcachon, pour dénoncer le manque de fiabilité des tests. D'autres actions plus musclées pourraient suivre, si l'interdiction est maintenue.