«Permettez-moi de ne pas me considérer comme battu d'avance»

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Alain Juppé est en campagne. C'est à la Bastide, hier, sur son vélo, que le candidat UMP à la mairie de Bordeaux est allé à la rencontre de ses électeurs. L'occasion de faire « le tour du propriétaire », dans un quartier où les bâtiments high-tech ont remplacé les friches industrielles en à peine dix ans. « On dit tellement souvent que les hommes politiques ne tiennent pas leurs engagements », se glorifie Alain Juppé. Dernières livraisons en date : le pôle universitaire de gestion, sur le point d'accueillir 3 000 étudiants, les serres du jardin botanique ou le nouveau centre national de la fonction publique territoriale. « Mais nous sommes à la moitié du chemin », ne cesse de répéter l'ancien maire, qui continue de défendre ses dossiers fétiches : le pont Bacalan-Bastide, la réhabilitation des bassins à flot, le rayonnement de Bordeaux...

Le style n'est pourtant plus tout à fait le même : il est désormais plus décontracté et se veut plus proche des Bordelais. Une conséquence de sa trêve canadienne, où l'ancien Premier ministre a fait, selon ses termes, « une cure de non-agressivité ». Alain Juppé a peut-être aussi pris exemple sur son successeur Hugues Martin, qui a fait de la proximité le leitmotiv de son mandat. Mais ce changement sera-t-il durable ? Quoi qu'il en soit, hier après-midi, le tandem avait choisi la bicyclette et renoncé à la cravate pour sa première visite de terrain. Quelques élus avaient intégré le cortège, comme Muriel Parcelier, adjointe démissionnaire à la Jeunesse et à la Vie associative, et Michel Duchêne, adjoint à l'Urbanisme, toujours en poste pour « faire tourner la mairie » jusqu'aux prochaines élections, avec Hugues Martin et l'UDF Didier Cazabonne. Le scrutin aura lieu les 8 et 15 octobre, ce qui laisse un mois pour la campagne. Si l'opposition crie au scandale, Juppé n'en demande pas plus et entraîne derrière lui la même liste qu'en 2001. On ne change pas une équipe qui gagne...

O. D. et M. G.