«Au bout de deux jours, on a déjà moins mal au dos»

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Ils ont déjà une semaine de vendanges à leur compteur. La cinquantaine de coupeurs et de porteurs embauchés par le château Carbonnieux, grand cru classé de pessac-léognan, s'activent depuis lundi dernier à raison de six heures par jour. Une semaine avant la date officielle du ban des vendanges, ils ont commencé à récolter les grappes de sauvignon blanc qui poussent dans le sol de graves de la propriété. « C'est le premier jour qui est le plus difficile, explique Samir, 21 ans, qui avance dos courbé le long de la rangée. Au bout de deux jours, on a déjà moins mal. »

Comme lui, les étudiants forment une partie importante des vendangeurs. Mais les demandeurs d'emplois et les retraités y sont aussi très représentés. Samir fait ainsi équipe avec Arlette, 70 ans, qui vient depuis 1990 faire les six semaines de vendanges du château. « Pour me faire un complément », explique- t-elle, mais « sans douleurs » grâce à un entraînement minutieux. « Je me prépare plusieurs mois à l'avance, je fais du vélo d'appartement, de la marche. Je m'échauffe tous les matins avant de venir, et tout va bien. » « Arlette c'est notre star », sourit Jacky Pichon, le chef de culture de la propriété, avant d'inciter une nouvelle fois ses troupes à « bien retirer tous les raisins abîmés ». La vendange est pour lui l'aboutissement d'un an de conduite méticuleuse de la vigne. Un travail de pointe où aucune décision ne se prend au hasard. « Après des années marquées par le règne de l'oenologue, nous pensons que c'est dans le vignoble que nous avons désormais le plus de progression possible », explique Eric Perrin, copropriétaire du château. Quarante personnes travaillent toute l'année dans cette entreprise qui, comme la plupart des grands crus, ne connaît pas la crise. Alors que d'autres se résignent à distiller, la récolte 2005 a trouvé preneur en un quart d'heure lors de la vente en primeur du printemps.

S. L.