Au salon Vinitech, le conditionnement du vin prend des couleurs et des nouvelles formes

VIN Le salon international des professionnels Vinitech Sifel s'est ouvert ce mercredi à Bordeaux. Sur les stands, les emballages et le conditionnement prennent de nouvelles formes pour s'adapter à la demande du public...

Mickaël Bosredon ; photos : Sébastien Ortola

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Les pouch-up, une des grandes nouveautés du salon Vinitech 2012 de Bordeaux
Les pouch-up, une des grandes nouveautés du salon Vinitech 2012 de Bordeaux — S.ORTOLA/20MINUTES

Des conditionnements «fun», pratiques et de grande taille… Les professionnels de l’emballage et de la fabrication de bouteilles s’adaptent à la demande des clients, et proposent au salon Vinitech Sifel, qui se tient jusqu’au 29 novembre à Bordeaux, de nouveaux produits qui vont révolutionner le marché.

La folie des «Bag in Box». Arrivées sur le marché il y a quelques années, les «bag in box» ont conquis le grand public, et se déclinent maintenant sous toutes les formes. Grande nouveauté de cette année sur le salon, les «bag-in-tube». Le principe est le même qu’une «bag in box», à savoir une outre en plastique d’un contenant d’environ 3 Litres équipée d’un robinet pour le service, et insérée dans une caisse en carton, mais la présentation sous forme de tube «se rapproche davantage de la bouteille classique», explique Sébastien Gasparotto, technicien pour la société barcelonaise Cartobol.

«C’est avant tout un produit festif, un peu plus haut de gamme, et donc un peu plus cher que la bag in box traditionnelle» explique de son côté Alastair Dand, responsable marketing chez Smurfit Kappa. La société propose aussi des «pouch up»: l’outre est cette fois débarassée de tout emballage, mais décorée avec des couleurs flashy.

«C’est la première fois que nous présentons ce produit au salon ; il arrive sur le marché. Il sert surtout pour les cocktails, et nous visons notamment le marché des boîtes de nuit, et dans une moindre mesure celui des particuliers» poursuit Alastair Dand. «Nous pensons qu’il y a un vrai potentiel pour ce nouveau produit, ajoute un technico-commercial de Smurfit Kappa, notamment parce qu’on peut le décorer à l’infini, et il est donc très visible en rayonnage.» Le marché des bag in box est aujourd’hui «mûr» assure ce professionnel, «plus personne ne remet en cause ce conditionnement, même en France. Bien sûr, on ne peut pas mettre n’importe quoi dedans, et il n’est pas fait pour les vins de garde. Mais son côté facile, pratique, a séduit le public. Dans certains pays scandinaves, la vente de bag in box a même dépassé en volume la bouteille.»

Les «grands contenants.» Après les couleurs flashy, place aux bouteilles aux formats XXL. «Le développement du marché de la grande bouteille explose, notamment en Asie» explique Lucia Gallego, directrice commerciale en France de la société Estal. «La Primat, qui contient 27 L, séduit énormément en Chine, où il existe une tradition d’offrir des cadeaux de valeur, et tape-à-l’œil, lors de grands événements, type mariages, cérémonies, banquets…» Voilà qui en impose sur la table, même s’il «faut s’y mettre à plusieurs pour la servir, ou l’équiper d’un «pied de canon», système qui visse le fond de la bouteille, et la fait tourner lentement pour remplir les verres.»

Roland Desplobins, responsable viticulture chez Verallia, confirme cet engouement pour les grandes tailles de la part des asiatiques. «Les deux grands marchés traditionnels des grands formats, les Champagne et les Bordeaux, ne cessent de progresser, pour des exportations vers l’Asie, et aussi les Etats-Unis.» Il ajoute que «le consommateur français s’y met également,  notamment pour les vins rosés. Nous avons une demande colossale de bouteilles de 3 à 12 L pour les Côtes de Provence, un format qui sied parfaitement à ce type de vin, que l’on boit l’été de l’apéro au dessert.» Le volume de ce marché «reste modeste, quelque centaines de milliers de bouteilles sur 3 milliards, mais progresse énormément chaque année» poursuit Roland Desplobins.

Univers pop pour les bouchons et capsules. Le traditionnel bouchon en liège a encore de beaux jours devant lui, et il y aurait même un certain retour à ce format traditionnel. Il n’empêche que ses concurrents, la capsule à vis ou le bouchon synthétique, ne cessent d’évoluer pour continuer à le concurrencer. Chez Syntek, seul fabricant en France de bouchons synthétique «injecté» ou «extrudé», on propose ainsi des bouchons de toutes les couleurs, «pour jouer sur le côté fun, et relooker les bouteilles» explique Olivier Jouve, commercial chez Syntek.

 

Le produit vise essentiellement «les rosés du Languedoc et de la Provence, quelques Clairet sur Bordeaux» et ne pèse que «5% des ventes» de la société pour le moment, mais permet de se différencier sur le marché. Chez Janson Capsules, on travaille aussi au relooking des capsules à vis, «surtout pour l’étranger, où nous ne sommes pas tenus d’apposer le sceau d’une Marianne, ce qui est obligatoire en France» explique Sacha Arcon, président.

La capsule à vis pèse aujourd’hui «environ 15% du marché en France», et investit désormais les vins effervescents. «Jusqu’à présent, nous rencontrions une difficulté technique, le gaz de ces vins faisant casser la capsule. Mais en travaillant sur le joint et l’aluminium, nous avons pu sortir un produit résistant à cette pression.»