Alain Vironneau : «Je veux réunir producteurs et distributeurs»

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L'interview d'Alain Vironneau, président du Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB).

Vous êtes en poste depuis le 10 juillet. Quelles sont vos priorités ?

Comme un aviateur, j'ai fait un point fixe. J'ai commencé à rencontrer le personnel pour comprendre ses missions. J'ai envoyé aux adhérents une synthèse de l'ensemble des services, dans un objectif de transparence. Cette maison fait du bon travail et il faut le faire savoir. J'organise aussi un séminaire en fin de semaine, avec les trois commissions du CIVB, pour faire un point sur les travaux en cours et mettre tout le monde autour de la table.

Que comptez-vous apporter par rapport à vos prédécesseurs ?

Christian Delpeuch [président du CIVB jusqu'en juillet] a engagé de nombreuses actions, notamment sur la communication et le marketing. Des chantiers planétaires ont été ouverts. Bordeaux est entré dans une démarche conquérante, certains signes à l'export nous le montrent. Nous avons besoin de poursuivre ces travaux et de les aménager s'il le faut.

Comment allez-vous travailler avec le négoce, accusé par la production de casser les prix ?

Je ne suis pas un homme de conflit. Je suis un bagarreur, un laborieux. Partout où je m'engage, je pars du principe que j'ai tout à apprendre. Pour moi, à Bordeaux, il y avait deux familles : les producteurs et les distributeurs. Je vais essayer de les réunir. Chacun a besoin de l'autre et doit fonctionner avec l'autre.

Bientôt la fin de la crise ?

Il y a de bons signes. Les primeurs ont montré que Bordeaux n'était pas ringard. Rien n'est gagné, la concurrence est rude. Mais Bordeaux a tout : les hommes, les cépages... Le vin n'a jamais été aussi bon ! Bordeaux a tout pour gagner.

Recueilli par Marion Guillot

« Je suis entré à 14 ans à l'internat militaire, puis dans l'armée de terre. J'ai également été pilote dans l'armée de l'air. Après avoir pris ma retraite militaire en 1984, j'ai décidé de devenir viticulteur. Mes parents étaient dans le métier mais je n'y connaissais rien. Je me suis d'abord intéressé à la technique et j'ai créé mon vignoble à Salignac. Cela m'a permis d'accéder à la présidence du Syndicat des bordeaux et bordeaux supérieurs et, aujourd'hui, du CIVB. »