Le retour du maire prodigue ?

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Alain Juppé n'aura jamais été aussi près de retrouver son siège de maire. Ce matin, Hugues Martin, l'actuel maire (UMP) de Bordeaux, réunit la majorité municipale pour discuter « des questions d'actualité de la rentrée », peut-on lire dans un communiqué. Plutôt que de « questions d'actualité », il s'agit bien de débattre du retour d'Alain Juppé – après vingt mois d'absence – et par conséquent de la démission de la majorité municipale.

Selon l'édition d'hier de Sud-Ouest, le scénario est d'ores et déjà établi. Aujourd'hui, l'ensemble de la majorité devrait s'entendre pour démissionner – ce qui sera validé en conseil municipal le 25 septembre. Toujours selon le quotidien régional, trois personnes resteraient pour faire tourner la maison : Hugues Martin et deux adjoints, Michel Duchène et Didier Cazabonne, seront chargés des affaires courantes jusqu'aux élections. Bien que plusieurs dates aient déjà été évoquées, les élections municipales anticipées ne devraient pas avoir lieu avant le 8 octobre pour laisser le temps aux candidats de faire campagne. Fin octobre, le « nouveau » maire serait ainsi aux commandes.

La machine semble bien huilée. Ce qui exaspère l'opposition qui, une fois de plus, doit subir « le fait du prince », selon les termes de plusieurs élus socialistes. « Je suis très étonné qu'il ait choisi de faire démissionner le conseil municipal car Juppé a le sens de l'Etat et du peuple. Et dans ce cas, on doit laisser faire les échéances », commente Philippe Dorthe, élu municipal de l'opposition de 1995 à 2001 (lire interview). « Je ne comprends pas, en dehors d'une ambition personnelle – ce qui ne va pas avec le personnage – ou d'une tactique nationale, pourquoi il impose cette démission », ajoute l'élu socialiste.

Orianne Dupont

Alain Juppé a démissionné de la mairie de Bordeaux en décembre 2004 après avoir été condamné à un an d'inéligibilité et quatorze mois de prison avec sursis dans l'affaire des emplois fictifs du RPR.