"Nous n’excluons pas être en présence d’une nouvelle toxine"

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La préfecture de la Gironde a annoncé mercredi à Bordeaux la levée de l'interdiction de consommation des huîtres du bassin d'Arcachon.
La préfecture de la Gironde a annoncé mercredi à Bordeaux la levée de l'interdiction de consommation des huîtres du bassin d'Arcachon. — Jean-Pierre Muller AFP/Arch.
Interview intégrale de Jean-Paul Dréno , directeur de la station Ifremer d’Arcachon

Qu’est-ce qui rend les huîtres du Banc d’Arguin toxiques ?

Nous n’avons pas d’explications pour l’instant. Les analyses n’ont pas permis de détecter la présence d’algues toxiques, mais nous continuons nos recherches, notamment en regardant ce qu’il y a dans l’eau. La difficulté est que nous n’avons pas de pistes. On ne sait pas dans quelle direction chercher. Et nous n’avons pas de méthode qui nous assure qu’on va trouver quelque chose.

Selon les ostréiculteurs, le test de la souris* n’est pas fiable…
Je comprends leur désarroi. Mais notre réseau de surveillance existe depuis plus de 20 ans et a fait ses preuves. Les conditions biologiques ont néanmoins beaucoup évolué. Quand on a commencé, on n’avait qu’une algue, qui produisait une toxine bien identifiée. Aujourd’hui, il en existe des dizaines, avec différentes toxines. Mais cela ne remet pas pour autant en cause le test de la souris. Il y a bien quelque chose qui les tue et qui se trouve dans le tube digestif de l’huître.

Ce qui veut dire que vous n’excluez pas être en présence d’une nouvelle toxine ?
C’est tout à fait possible. La toxicité à laquelle nous sommes confrontés peut également être le résultat d’effets synergiques entre plusieurs toxines, que l’on n’arrive pas à doser individuellement.

Cela vous inquiète-t-il ?
Nous sommes très vigilants, mais ce n’est pas la première fois que la situation se présente. En mai, les huîtres du Bassin ont été interdites à la vente pendant 12 jours pour les mêmes raisons. Les prélèvements peuvent très bien redevenir négatifs du jour au lendemain. Si deux tests espacés de 48 h sont négatifs, la commercialisation pourra reprendre.

* Le test de la souris consiste à injecter un broyat d’huîtres à des souris. Si elles meurent dans les 24 heures, les huîtres sont déclarées inconsommables.

M.G.