Un nouveau quartier à deux pas du centre

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« Certains déclaraient qu'il faudrait trente ou quarante ans pour aménager la rive droite. Mais finalement, la Bastide a été réalisée en dix ans », se réjouit Michel Duchêne, adjoint au maire de Bordeaux chargé de l'Urbanisme. Et à la rentrée, sa transformation se finalise, avec l'ouverture du pôle de gestion qui accueillera 3 000 étudiants, le relais d'assistantes maternelles et la ludothèque. D'ici à la fin de l'année, un supermarché, des commerces de proximité et des hôtels ouvriront leurs portes. Alors, si pendant longtemps les Bordelais considéraient la Bastide comme ne faisant pas partie de Bordeaux, aujourd'hui, ce quartier appartient au centre-ville. « Avant, les clients venaient parce que le cinéma était à proximité, reconnaît Alberto Oliveira, responsable du restaurant Le Phare, mais désormais, ils viennent à la Bastide pour sortir. »

Pourtant, « en 2000, ce secteur était une friche industrielle dégradée, se rappelle Sophie Desport, directrice de l'aménagement chez Bordeaux métropole aménagement (BMA) qui est chargé de la commercialisation des terrains. Personne n'envisageait de traverser la Garonne. » Les promoteurs immobiliers étaient même méfiants, selon la mairie de la ville. « Nous avons donc voulu nous adresser à des jeunes qui n'étaient pas forcément bordelais et qui cherchaient un cadre de vie différent », ajoute Sophie Desport. Nombreux sont ceux qui ont opté pour un appartement à la Bastide – qui compte 20 % de logements sociaux – pour ses berges, son calme, son jardin botanique et surtout, sa vue imprenable sur la rive gauche. En toute logique, les prix ont rapidement grimpé pour atteindre 2 500 e le m2, des niveaux comparables à ceux de Nansouty ou d'Ornano, selon l'agence La Bourse de l'immobilier. Mais aujourd'hui, la tendance est à la stagnation car les acquéreurs ne sont plus prêts à mettre n'importe quel prix. « Les temps de transaction s'allongent, commente-t-on à Laforêt immobilier, et on a plus de vendeurs que d'acquéreurs. » Près de 400 logements sont actuellement occupés, et à terme, 2 500 logements qui devraient remplacer les friches industrielles.

Orianne Dupont