Réactions après le jugement rendu dans l’affaire des reclus de Monflanquin

Elsa Provenzano

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Le village de Monflanquin dans le Lot-et-Garonne, où a vécu recluse la famille Védrines
Le village de Monflanquin dans le Lot-et-Garonne, où a vécu recluse la famille Védrines — HALARY / SIPA

Thierry Tilly, a également été condamné à une privation des ses droits civiques et civils pendant cinq ans. Jacques Gonzalez, reconnu complice, a été condamné à quatre ans de prison, et à une privation de ses droits civiques et civils pendant cinq ans.

Alexandre Novion, l’avocat de Thierry Tilly, parle « d’un sentiment d’injustice » après l’annonce du jugement. « Il n’est fait aucun cas de l’ascendance de Jacques Gonzalez sur mon client alors qu’il savait jouer sur le clavier tourmenté de la personnalité de Thierry Tilly », explique t-il. « Une malédiction médiatique a été jetée sur mon client et je trouve que le verdict s’en ressent un peu trop », ajoute l’avocat. Il va même plus loin, avançant que « nous sommes tous menacés par cette décision qui montre que les psychologues ont pris l’ascendant sur la justice ».

Une affaire qui pourrait faire jurisprudence              

De son côté, la famille Védrines, émue, se sent  soulagée. « C’est une peine juste, la justice bordelaise a fait du bon travail. Nous sommes partis dans un autre monde que Thierry Tilly a rendu cohérent », commente Philippe de Védrines. « Comme l’a dit un expert lors du procès, il s’attendait à voir des dégénérés mais nous sommes des gens normaux », ajoute t-il pour montrer qu’aucune famille n’est à l’abri de ce genre de manipulations.

Maître Daniel Picotin, l’un des avocats des parties civiles s’est félicité de « la qualité du jugement ». Il regrette simplement que la loi n’ai pas permis d’arrêter Thierry Tilly plus tôt  : «  on avait tiré la sonnette d’alarme dès 2004 mais on a du attendre 2009, lorsque Christine de Védrines s’échappe d’Angleterre» explique t-il. Pour cet avocat spécialiste du droit des dérives sectaires, cette affaire fera certainement jurisprudence. La famille d’aristocrates, originaire de Monflanquin dans le Lot et Garonne, a été ruinée par les agissements de Thierry Tilly et ne devrait toucher qu’une toute petite partie des réparations, évaluées à 5 millions d’euros. Elle ne devrait être remboursée qu’à hauteur d’environ 220 000 euros environ, l’argent ayant été dilapidé. « Avant les Védrines payaient l’ISF et maintenant certains touchent le RSA. D’ailleurs ils ont tous repris le boulot », raconte maître Daniel Picotin. « Les problèmes d’argent on s’en remet toujours », assure Philippe de Védrines qui insiste, avec les autres victimes, sur l’importance de la reconnaissance du préjudice moral.

Après l'annonce du verdict, Thierry Tilly a pris la parole pour dire que le tribunal venait de condamner le citoyen français mais pas le citoyen anglais. Il a fait part de son intention de se tourner vers la cour européenne des droits de l'homme.