Les opiacés, dont l'héroïne, sont "toujours là" dans le paysage français des drogues, même s'ils n'occupent plus le devant de la scène, mettent en garde des spécialistes du traitement de la dépendance.
Les opiacés, dont l'héroïne, sont "toujours là" dans le paysage français des drogues, même s'ils n'occupent plus le devant de la scène, mettent en garde des spécialistes du traitement de la dépendance. — Martin Bureau AFP/Archives

DROGUE

La salle de shoot souhaitée à l'hôpital

Bordeaux pourrait tester l'installation d'une salle de shoot d'ici la fin de l'année. Une hypothèse qui ne laisse pas commerçants et riverans indifférents...

C’est devant le lycée Montaigne, cours Victor Hugo, que les opposants à l’implantation d’une salle de shoot sous la Grosse Cloche se sont réunis, lundi. « C’est symbolique, pour montrer que ce lycée, celui du Mirail et la résidence universitaire seraient très proches de la salle », relève Stéphane Pusatéri, président des riverains de Bordeaux. Lui et Christain Baulme, président de l’association des commerçants bordelais, accompagnent vendredi Vincent Feltesse, président de la CUB et député, à Bilbao pour visiter une salle de shoot.

 « Pas de trafic à ciel ouvert »

La ministre de la santé a annoncé que l’expérimentation de salles où la consommation de drogues est encadrée par des professionnels devrait être lancée à Paris, Marseille et Bordeaux d’ici la fin de l’année. L’association la Case (Centre d’Accueil Santé Échange), spécialisée dans la prise en charge du public toxicomane avait été identifiée pour héberger la salle. Cependant le maire de Bordeaux, Alain Juppé, sans être opposé au principe d’une salle de shoot, s’est positionné contre son installation au sein du quartier Victor-Hugo. Un groupe de travail a été mis en place par la municipalité pour étudier la pertinence du projet et la manière dont on pouvait le mettre en œuvre. « Il en ressort que le seul dénominateur commun c’est d’envisager l’implantation de la salle dans un cadre hospitalier », remarque Alexandra Siarri, adjointe au maire chargée des nouvelles précarités. « À Bordeaux, ce n’est pas comme à Bilbao, on ne bute pas contre les seringues : il n’y a pas de trafic à ciel ouvert », pointe Christian Baulme qui remet en cause la pertinence du projet. « Pourquoi Lille et Strasbourg, plus grandes, ne font pas partie de l’expérimentation ? », s’étonne Stéphane Pusatéri. « Le ministère de la santé n’a pas pris contact avec le cabinet du maire sur le sujet. Ce qui est sûr c’est que si Bordeaux devient une ville test, ce sera sur un accord généralisé car rien ne peut se faire sans concertation », prévient Alexandra Siarri. La directrice de l’association la Case et Médecins du monde n’ont pas souhaité répondre à nos sollicitations sur le sujet.