Solectron, victime de la loi des séries

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Le sous-traitant électronique basé à Canéjan (Gironde) s’apprête à vivre son huitième plan social en six ans. Deux cents des huit cents salariés de l’entreprise pourraient être concernés, selon les syndicats. La production devrait être l’activité la plus
touchée.«On est des pros du plan social, ironise Alain Jurado, secrétaire du Syndicat national autonome (SNA) à Solectron. Ce n’est pas vraiment une surprise, ça fait un moment qu’on en parle. » La nouvelle annonçant le plan social a été révélée jeudi dernier par la CGTqui s’était procuré un document officiel.
Le lendemain, la direction a confirmé. Aujourd’hui,
cette dernière doit rencontrer les organisations syndicales, « mais ce n’est pas le début du process légal », tient à préciser Jean-Bernard Mondon, directeur des ressources humaines de la société. Pour l’heure, ni les syndicats ni la direction ne sont
en mesure de faire des commentaires. Et la situation devrait s’éclaircir dans les prochaines semaines.
Solectron a employé jusqu’à deux milles salariés avant 2001 pour fabriquer notamment des puces électroniques. Elle a été l’un des plus gros créateurs d’emploi dans le département. L’histoire de la société est liée à la mondialisation et aux délocalisations qui expliqueraient la moitié des suppressions d’emploi. En effet, selon le journal Sud-Ouest de vendredi dernier, 45 % de son activité s’opèrent aujourd’hui en Asie. D’ailleurs le plan social annoncé serait en partie imputable au transfert d’une activité en Hongrie,mais aussi à la perte de clients qui font jouer la concurrence. « Ça fait partie de notre métier », se désole, résigné, Alain Jurado.

Orianne Dupont