Saint-Jean d'Illac: le nouveau-né mort a été «volontairement tué»

FAITS-DIVERS Ses parents doivent etre mis en examen jeudi soir par un juge d'instruction. La mère est fortement suspectée...

Mickaël Bosredon

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Gérard Aldigé, procureur-adjoint au parquet de Bordeaux, le 18 octobre 2012
Gérard Aldigé, procureur-adjoint au parquet de Bordeaux, le 18 octobre 2012 — S.ORTOLA/20MINUTES

Le nourrisson découvert décédé mardi 16 octobre à Saint-Jean d’Illac, près de Bordeaux, a bien été tué. C’est la conclusion des premières investigations menées par les gendarmes, a révélé jeudi soir Gérard Aldigé, procureur adjoint au parquet de Bordeaux. La mère, une infirmière de 44 ans, doit être mise en examen dans la soirée pour « homicide volontaire sur mineur de moins de 15 ans », et le père, 40 ans, sans emploi, pour « non assistance à personne en péril », suite aux réquisitions du parquet. Le procureur-adjoint a également demandé le placement sous mandat de dépôt de la mère, et un placement sous contrôle judiciaire pour son mari.

Le couple était déjà parent de six enfants

C’est le CHU de Bordeaux qui a contacté le parquet mardi, après avoir hospitalisé la mère pour une hémorragie. « Les médecins ont constaté qu’elle venait d’accoucher, mais il n’y avait pas d’enfant », explique Gérard Aldigé. Les services de gendarmerie se sont alors rendus à son domicile, et ont trouvé le nourrisson, décédé, dans un panier à linge. « La mère soutient que l’enfant n’est pas né vivant, mais l’autopsie montre que les causes de la mort sont dues à une détresse respiratoire. A l’issue de l’audition de la mère et du père, la procédure établit qu’il y a des indices graves et concordants contre la mère, et que son mari n’a pas assisté le nourrisson », poursuit le magistrat. Selon les premières investigations, il se serait passé quelques heures entre l’accouchement, et l’appel du père aux pompiers.

Le couple était déjà parent de six enfants, âgés entre 5 et 14 ans. Ils ont tous été placés dans diverses institutions dès mardi soir. « La mère a visiblement caché cette nouvelle grossesse, même si elle dit qu’elle en avait conscience. Le père de son côté affirme qu’il n’était pas au courant. Il est toutefois allé déclarer l’enfant après sa mort » précise le procureur-adjoint. Selon le magistrat, le couple n’était connu ni des services sociaux, ni des services de gendarmerie. « Il s’agit de personnes apparemment sans histoire, qui vivent des allocations familiales pour leurs enfants, et sur le salaire de la mère, infirmière professionnelle depuis le début des années 1990, et dernièrement en poste dans une clinique privée. »

Les investigations vont se poursuivre ces prochains jours.