Le village des marques près de Bordeaux rejeté

COMMERCE La commission nationale d'aménagement commerciale s'est réunie mercredi à Paris. Elle a rejeté le projet de Saint-André-de-Cubzac...

Mickaël Bosredon

— 

Le feuilleton du projet de village des marques à Saint-André-de-Cubzac, qui dure depuis une dizaine d’années, vient peut-être de connaître son dernier épisode. La commission nationale d’aménagement commercial (Cnac) a signifié jeudi à la mairie de Bordeaux qu’elle rejetait le dossier, après avoir entendu mercredi les porteurs du projet, dont Christian Mabille, président de la communauté de communes du Cubzaguais, et les opposants, dont Jean-Charles Bron, conseiller municipal de la ville de Bordeaux délégué au commerce et à l’artisanat, et qui représentait Alain Juppé. La municipalité s’est « félicitée de cette décision, qui va dans le sens de la défense des commerces bordelais. »

Les porteurs du projet peuvent encore amener le dossier devant le conseil d’Etat. Mais Jean-Charles Bron ne « croit pas qu’ils iront ». Pour lui « le village des marques est bel et bien enterré.»

Des boutiques à prix dégriffés sur 20 000m2

Validé le 6 juin dernier en commission départementale d’aménagement commercial, le village des marques a pour ambition de faire sortir de terre une centaine de boutiques proposant des vêtements de grande marque à prix dégriffés, sur plus de 20 000 m2, en bordure de l’A10. « C’est totalement démesuré, et ce n’est plus dans l’air du temps. Aujourd’hui les projets se tournent plutôt vers les centre-ville, et les élus, comme nous l’avons voté à la CUB, tentent plutôt de lutter contre l’étalement urbain dans un souci de développement durable », poursuit Jean-Charles Bron.

Mais ce sont surtout les commerçants bordelais qui sont effrayés par le projet, qui se situerait à une vingtaine de kilomètres seulement de la capitale de l’Aquitaine. Alain Juppé, auteur du recours, soulignait également cet été que le concept est trop proche de celui du Quai des marques à Bordeaux. Christian Mabille faisait valoir de son côté que le village des marques pourrait créer 750 emplois à temps plein, et qu’il représente 200 millions d’euros d’investissement. L’argument n’a manifestement pas suffi.