Panique à bord de la LGV Tours-Bordeaux

INFRASTRUCTURES La communauté d'agglomération de Bayonne suspend son financement à la réalisation de ce tronçon...

Mickaël Bosredon

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Travaux de la LGV Tours-Bordeaux, au nord de Bordeaux
Travaux de la LGV Tours-Bordeaux, au nord de Bordeaux — S.ORTOLA/20MINUTES

C’est de l’aveu même de Vincent Feltesse « l’un des sujets majeurs des semaines qui viennent. » Le président (PS) de la Communauté urbaine de Bordeaux ne cache plus ses craintes quant au financement de la Ligne à Grande Vitesse (LGV) Tours-Bordeaux, après l’annonce la semaine dernière de l’agglomération Côte Basque Adour, qui comprend notamment les communes de Bayonne et Biarritz, de suspendre son financement de 26 millions d’euros dans ce projet. Ces communes s’étaient engagées dans le financement de ce tronçon, à condition qu’il soit prolongé vers Hendaye. Or, les déclarations cet été des ministres du Transport et de l’Economie, qui ont annoncé qu’il fallait « revisiter » les objectifs du Schéma national des infrastructures de transports (Snit) et qu’il faudrait « abandonner » certains projets, ont semé le doute chez certains élus.

Un risque «d’effet domino»

« Le problème dans cette affaire, c’est l’effet domino, s’inquiète Vincent Feltesse. Quelque cinquante-sept collectivités participent au financement de la LGV, à partir du moment où l’une dit : « je ny vais plus », il y a un risque que cela s’enchaîne. Nous allons donc former une délégation d’élus pour se rendre au ministère, car il est indispensable que la LGV soit prolongée plus au sud. Je continue de penser que pour Bordeaux, il est plus important d’être à 1 h de Toulouse et 1 h 30 de Bilbao, qu’à 2 h de Paris. » L’inquiétude est partagée de tous les côtés, puisque Alain Juppé (UMP), le maire de Bordeaux, a également consenti que si l’agglomération de Bayonne-Biarritz ne revenait pas sur sa décision, « ce serait un très sale coup pour l’agglomération bordelaise. Tout ce que nous avons construit autour de Bordeaux-Euratlantique (quartier d’affaires qui doit voir le jour pour l’arrivée de la LGV à Bordeaux en 2017, NDLR) serait fortement compromis. »

Du côté de la CUB on tente de se rassurer, en pensant que l’Etat et la région pourraient se substituer aux éventuels défaillants. Mais jusqu’à quelle hauteur ?