Intégrer les populations des squats

SOCIETE Depuis un an, la mairie de Bordeaux a mis en place une médiation auprès des Roms pour préparer leur insertion et, à terme, fermer les squats de la ville...

Elsa Provenzano
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Le squat de l'avenue Thiers à Bordeaux 
 
Le squat de l'avenue Thiers à Bordeaux   — S.ORTOLA/20minutes

Emilia a 30 ans et vit depuis 10 ans dans le squat de l’avenue Thiers, avec son mari et son fils. Elle fait partie des 250 personnes qui se sont installées dans ce camp, le plus grand de la ville. Lundi, la mairie a voulu faire un bilan « dépassionné » de l’accueil des Roms à Bordeaux et revenir sur un an de travail de médiation auprès de ces populations. La plupart des occupants du squat sont d’origine bulgare : certains occupent une bâtisse délabrée, d’autres ont construit des cabanes de fortune. Sur Bordeaux environ 548 Roms (Bulgares et Roumains), dont 145 enfants, sont installés sur 9 sites différents. Jérôme Lobao et David Dumeau, médiateurs sociaux issus d’associations ont été recrutés par la mairie il y a un an pour les accompagner vers l’insertion.

 Mieux connaître les Roms

« Mon mari vient d’avoir un titre de séjour et fait les vendanges », explique Emilia. « Son titre est assorti d’une autorisation de travailler et son contrat pourrait se transformer en CDI », précise Jérôme Lobao. « En novembre, ils devraient avoir un logement et nous avons des pistes pour qu’Emilia fasse des ménages », ajoute le médiateur. Voilà un exemple de réussite du travail de médiation qui porte plus globalement sur la scolarisation des enfants, sur l’apprentissage du français (primordial pour décrocher un emploi), sur l’accès à un logement décent et à l’emploi. « Il faut arrêter de se focaliser sur les démantèlements des squats, même s’il est vrai qu’il y a des problèmes de troubles à l’ordre public par exemple rue des étrangers (Bacalan) qui nécessitent ponctuellement l’intervention de la police municipale », souligne Alexandra Siarri, adjointe au maire chargée des nouvelles précarités. La municipalité vise la résorption des squats par l’intégration de ce public précaire. « La médiation est ce qui permet de mieux connaître les gens et leurs problèmes et ainsi d’agir avec discernement », pointe t-elle. La mise en place de service de médiation à Floirac et Lormont par exemple permettrait davantage d’efficacité, selon les professionnels.

L’élue a rappelé qu’en décembre 2013, les Bulgares et les Roumains seront autorisés à circuler et à travailler comme les autres citoyens européens

Un partenariat entre les collectivités

Le MOUS, Maîtrise d’ouvrage urbain et social, un dispositif associant CUB préfecture et mairie et ayant vocation à être un outil d’intégration pour les populations Roms existait depuis trois ans. Il a pris fin en août et la mairie demande à ce qu’il soit reconduit et amélioré. À la préfecture, on assure qu’une réunion des partenaires du Mous est prévue prochainement.