Voiture électrique: Catastrophe écologique en vue dans le Pacifique

Auto D’après une enquête du magazine américain Wired, une société minière canadienne se préparerait à creuser dans le Pacifique, profitant d’un vide juridique des traités internationaux.

Stéphane Lémeret
— 
Cette machine pourrait bientôt râcler le fond du  Pacifique
Lancer le diaporama
Cette machine pourrait bientôt râcler le fond du Pacifique — The Metals Company

Comme on le sait désormais, la production des batteries de voitures électriques est extrêmement gourmande en matières premières, plus ou moins rares. Le potentiel exponentiel de ce marché, poussé par des politiques pas toujours très réfléchies, aiguise les appétits. Le très sérieux média américain Wired nous apprend ainsi que l’entreprise minière Metals Company se prépare aller extraire du nickel, du manganèse, du cobalt et du cuivre au fond de l’océan Pacifique. L’exploitation minière des océans est pourtant interdite par les traités internationaux, mais The Metal Company a trouvé un vide juridique.


Objet de convoitise, ces cailloux précieux contiennent du nickel, du cobalt, du manganèse et du cuivre.
Objet de convoitise, ces cailloux précieux contiennent du nickel, du cobalt, du manganèse et du cuivre. - The Metals Company


Délai de 2 ans

Le texte dit en effet que si un Etat signataire introduit une demande d’exploitation dans les eaux internationales, l’autorité de régulation a 2 ans pour se prononcer de façon argumentée. A défaut, l’exploitation est provisoirement autorisée jusqu’à remise des conclusions. Or un Etat signataire a introduit une telle demande en 2021 : Nauru, une île micro-Etat d’Océanie (12.500 habitants). Nauru a déjà une histoire sombre avec l’industrie minière, et a été reprise par le passé sur la liste des paradis fiscaux un peu suspects. Il se trouve que l’île a introduit la demande par le biais de sa société minière nationale, dont l’actionnaire principal est… The Metals Company. Le problème est évidemment que creuser des mines dans l’océan aurait des conséquences désastreuses sur son éco-système, donc sur sa faculté à absorber le CO2. Ajoutons que pour aller chercher ce précieux minerai, The Metals Company utiliserait d’anciens navires de forages reconvertis, qui fonctionnent évidemment au carburant fossile. Ça ne risque pas de faire du bien au bilan carbone de la voiture électrique. Mais pas grave, des dizaines de milliards de dollars sont en jeu…