Présidentielle 2022 : Magali Berdah, figure de la téléréalité, va interviewer les candidats

YOUTUBE Eric Zemmour est le premier candidat à se prêter à l’exercice

C.R. avec AFP
— 
Magali Berdah dans « Touche pas à mon poste »
Magali Berdah dans « Touche pas à mon poste » — MAT NINAT STUDIO/C8

L’élection présidentielle s’invite sur YouTube. Au début du mois de janvier,  Magali Berdah, agent des personnalités parmi les plus influentes de la téléréalité a créé sa chaîne sur la plateforme. Surprise, on y apprenait qu’elle allait y parler notamment de politique, « un sujet qui [la] passionne ». Ce dimanche, la figure de l’influence sur les réseaux sociaux publiera une première vidéo : un entretien avec  Eric Zemmour.

« Mon but c’est d’aller en immersion avec chacun des candidats, d’essayer de comprendre qui ils sont, sans préjugés ni a priori », résume celle qui dit n’avoir jusqu’ici voté qu’une seule fois, à 18 ans, « pour faire plaisir » à sa grand-mère.

Un « tournant » dans sa vie

Entrée au classement des 40 femmes qui ont marqué l’année 2021 par Forbes France, Magali Berdah évoque un tournant dans sa vie. « Aujourd’hui, j’ai une entreprise, j’ai des gens à gérer, j’ai des responsabilités, j’ai des enfants, dit-elle. Je ne peux pas rendre responsable un gouvernement si moi-même je ne vote pas donc je vais me renseigner. »

« C’est la seule solution pour moi de savoir pour qui j’aimerais voter. Et si ça m’aide moi, ça pourra peut-être aider les autres », espère-t-elle, assise dans les locaux de son agence près de l’avenue des Champs-Élysées à Paris, son Spitz nain Boulette dormant sous la table.

Plusieurs candidats devraient s’y frotter

Dans son viseur, « tous ceux qui ne comprennent pas et qui ne s’intéressent pas à la politique ». Et ils sont nombreux, selon elle. « Parce que les candidats sont barbants, quand je les écoute parler je décroche au bout de deux minutes. Donc je me dis peut-être que si je vais les rencontrer avec des questions et des mots simples, ils me répondront simplement », abonde la jeune femme, qui assure avoir déjà reçu « des réponses positives » de la part de plusieurs candidats.

Pour elle, le fait qu’ils acceptent d’être suivis par des personnes « comme elle » en dit long sur l’évolution du paysage politique. « Il est temps d’arrêter de rejeter des gens parce qu’on ne vient pas du même milieu ou parce qu’on n’est pas sur le même niveau culturel », fustige l’agent qui « vit ce mépris » depuis la création de sa société il y a cinq ans. « Quand on veut diriger un pays, on dirige tout le pays, on ne peut pas dire "je vais diriger que les intellos" », illustre-t-elle, ajoutant qu’il est notamment dans leur intérêt d’être « vus par des jeunes ».

« On crée de l’emploi »

Élevée par ses grands-parents à Saint-Tropez, cette figure de la téléréalité « en a bavé », pour en arriver là. « Pour aider ma grand-mère, j’ai commencé à travailler » dans la restauration « à 13 ans et demi, 14 ans, les week-ends et pendant les vacances. C’était dur mais sans ça je ne serais pas qui je suis aujourd’hui », confie l’animatrice des Princes et des Princesses de l’amour depuis trois saisons, également chroniqueuse depuis quatre ans dans Touche pas à mon poste !.

Magali Berdah est parvenue à se faire une place dans ce milieu grâce notamment à la monétisation sur les réseaux sociaux, comme lorsque les candidats de téléréalité sont rémunérés par des marques pour placer des produits sur leurs comptes. Une pratique parfois controversée. « C’est devenu un vrai métier, on peut dire ce qu’on veut mais on crée de l’emploi, de la richesse, de la visibilité pour des marques, pour des entreprises », énumère-t-elle.

« L’influence, c’est une force que personne n’a vu venir et maintenant les gens se disent "waouh, elle va suivre les candidats à la présidentielle", se réjouit-elle. C’est ça qui est fort, c’est que des gens à la base méprisés deviennent petit à petit des gens influents ».