Z Event : Comment le marathon caritatif du jeu vidéo parvient-il à amasser autant de dons ?

SOLIDARITE Une nouvelle édition de l'événement a lieu ce week-end, au profit d'Action contre la faim

Nicolas Bonzom
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Au Z Event, à Montpellier
Au Z Event, à Montpellier — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Depuis sa création, le Z Event, un marathon caritatif du streaming, a mené d’énormes récoltes de fonds pour les associations : plus de 500.000 euros en 2017, plus d’un million en 2018, 3,5 millions en 2019 et 5,7 millions en 2020.
  • C’est, d’abord, parce que les communautés des participants sont énormes… et généreuses. Cette communauté « a un grand cœur », confie le streameur Domingo.
  • Mais si le Z Event bat autant de records de générosité, c’est, aussi, en raison du profil des spectateurs. « Nous nous adressons à des joueurs, confie Dach, l’organisateur du Z Event. Et le principe même des joueurs, c’est de relever des défis. »

Plus de 500.000 euros en 2017, plus d’un million en 2018, 3,5 millions en 2019 et 5,7 millions en 2020. Depuis sa création, le Z Event soulève des montagnes pour les associations. Bénéficiaire en 2020 de ce marathon caritatif, Amnesty International avait collecté presque le quart de son budget… en l’espace d’un week-end. Comment cet événement, qui a débuté à l'arrache dans un garage, réussit-il à amasser autant de fonds ? Tandis qu’une cinquantaine de streameurs jouent, jusqu’à dimanche, pour Action contre la faim, 20 Minutes a tenté de percer les secrets du succès du Z Event.

Si les sommes sont si importantes, c’est, d’abord, parce que les participants à ce marathon sont tous à la tête d’énormes communautés : l’argent récolté provient des dons des spectateurs, qui regardent leurs streameurs favoris s’adonner à League of Legends ou Fortnite sur Twitch. Forcément, s’il y a du monde, c’est mieux pour le compteur des dons. « Nous avons des communautés fortes et engagées, et on l’a prouvé au fil des années, confie Alexandre Dachary, alias Dach, l’organisateur du Z Event. Si on cumule, l’ensemble des participants touche plusieurs millions de personnes. » Sur Twitch, Gotaga, habitué de l’événement, a, par exemple, 3,2 millions de followers. Zerator, le papa du Z Event, ou Domingo, star du streaming, 1,2 million.

« Le principe même des joueurs, c’est de relever des défis »

Et, au-delà d’être très grande, cette communauté « a un grand cœur », confie Domingo. « Nous, de notre côté, on essaie de donner le maximum pour divertir les spectateurs, de leur donner envie de faire des dons », confie l’animateur de Popcorn. « Cette communauté du streaming est un monde méconnu, ils ne sont pas sur les gros médias, mais sur Twitch, qui reste une plate-forme encore assez jeune, confiait à 20 Minutes, l’année dernière, Nicolas Trombert, le directeur du développement d’Amnesty International. Cette incroyable campagne de dons nous prouve, une fois encore, que ce que l’on pensait être invisible et marginal est en réalité très, très important. »

Mais si le Z Event bat autant de records de générosité, c’est, aussi, en raison du profil des spectateurs. « Nous nous adressons, en grande majorité, à des joueurs, confie Dach. Et le principe même des joueurs, c’est de relever des défis. Jusqu’ici, on a toujours battu notre record chaque année. Et les spectateurs, eux-mêmes, je pense, sans même qu’on ne leur dise, voient ça comme un défi à relever. » Bon nombre de streameurs proposent d’ailleurs à leurs fans une liste de « donations goals ». Des challenges qui seront relevés par l’animateur si des sommes sont atteintes.

« Les donations goals, ça rajoute un petit quelque chose aux spectateurs »

Cette année, l’un d’eux s’est engagé à grimper le Mont Fuji et à combattre avec un sumo si 50.000 euros sont collectés sur sa chaîne, un autre assure qu’il traversera l’Europe en auto-stop si les 150.000 euros sont atteints. S’il parvient à cette somme, Domingo, lui, a promis de faire l’ascension du Mont Ventoux à vélo. Et pour 50.000 euros de plus, il tentera de survivre « sur le plus grand glacier d’Europe ». « Les donations goals, ça rajoute un petit quelque chose pour les spectateurs, confie-t-il. Je me suis d’ailleurs retrouvé à boucler le marathon de Paris, parce que j’y étais engagé l’année dernière. Ça avait sans doute motivé les spectateurs. Et au final, ça m’a beaucoup apporté. »

Enfin, si le Z Event est si performant, c’est aussi dû à la générosité des Français, assure Dach. « Dans des événements internationaux caritatifs, on remarque que les Français sont parmi les meilleurs donateurs », confie l’organisateur du marathon caritatif. Rendez-vous dans la nuit de dimanche à lundi, à la clôture des dons de cette nouvelle édition du Z Event, pour vérifier si les Français sont, une fois encore, les rois de la solidarité.