Racisme : Coca-Cola rejoint le boycott de la pub sur les réseaux sociaux, Facebook promet des changements

WEB Face à un mouvement qui prend de l'ampleur, Facebook a promis de mieux modérer ses contenus

20 Minutes avec AFP

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Logo de Coca-Cola (illustration).
Logo de Coca-Cola (illustration). — Alex Tai / SOPA Images/Sipa USA/SIPA

Un géant prend position. Coca-Cola, l’une des marques les plus connues du monde qui dépense des sommes énormes en publicité, a annoncé vendredi qu’elle suspendait pendant au moins 30 jours toute promotion sur tous les réseaux sociaux, parce qu'« il n’y a pas de place pour le racisme ». Un peu plus tôt, Facebook a annoncé de timides mesures, promettant de mieux réguler les contenus haineux, auxquels les annonceurs refusent d’être associés.

« Il n’y a pas de place pour le racisme dans le monde et il n’y a pas de place pour le racisme sur les réseaux sociaux », a dit James Quincey, le PDG du géant mondial, dans un très bref communiqué. Il a exigé des réseaux sociaux – que d’autres marques ont décidé de boycotter pour les forcer à faire davantage pour supprimer les contenus haineux – qu’ils fassent preuve de plus de « transparence et de responsabilité ». Coca-Cola va mettre à profit sa pause pour « faire le point sur (ses) stratégie publicitaires et voir si des révisions sont nécessaires », a expliqué M. Quincey.

Facebook annonce de timides mesures

Mark Zuckerberg, le patron du réseau social planétaire, défend depuis des mois son approche a priori plus laxiste que Twitter ou YouTube, notamment vis-à-vis des discours des personnalités politiques, au nom de la liberté d’expression. Mais vendredi il a lui-même détaillé le durcissement de sa position. La plateforme retirera désormais les publicités qui affirment que les personnes de certaines origines, ethnies, nationalités, genre ou orientation sexuelle représentent une menace pour la sécurité ou la santé des autres.

Cette décision intervient alors qu’Unilever, le géant de l’agroalimentaire et des cosmétiques, vient d’annoncer mettre un terme à ses publicités sur Facebook, Twitter et Instagram aux Etats-Unis, au moins jusqu’à la fin de l’année.

Ce nom de poids vient s’ajouter à d’autres annonceurs – Verizon (télécoms), Honda, Ben & Jerry’s (glacier appartenant à Unilever), Patagonia, North Face et REI (articles de sport) – qui participent à une campagne de boycott de Facebook. Elle a été lancée par des organisations de la société civile américaine, dont la Ligue anti-diffamation (ADL) et l’Association nationale pour l’avancement des personnes de couleur (NAACP), qui accusent la plateforme de tolérer des groupes qui incitent à la haine, au racisme ou à la violence. Le comédien et humoriste Sacha Baron Cohen, très critique du réseau, a appelé vendredi les entreprises « qui dépensent de plus de dollars en pubs sur Facebook » à rejoindre le mouvement. Il cite notamment Procter & Gamble, Walmart, Microsoft, Amazon, le New York Times…

Avertissements

La deuxième mesure prise par le patron acculé concerne directement l’incident qui a mis le feu aux poudres fin mai. Contrairement à Twitter, Facebook avait refusé d’intervenir sur des messages polémiques de Donald Trump, un sur le vote par correspondance (qu’il assimilait à de la fraude électorale) et un autre sur les manifestations et émeutes qui ont suivi la mort de George Floyd, un Afro-Américain asphyxié par un policier blanc à Minneapolis.

Twitter, considérant qu’il y avait incitation à la haine, avait masqué ces derniers propos du président américain, et réduit leur circulation potentielle, tout en les laissant disponibles à la consultation. Facebook sort désormais de sa politique binaire du retrait ou du laissez-faire, lourdement critiquée, y compris en interne.

La plateforme pourra bientôt ajouter des avertissements aux publications problématiques, mais laissées en ligne au nom de leur « intérêt à être connues du public ». « Les utilisateurs pourront partager ces contenus pour les condamner (…) mais nous les avertirons que les publications en question enfreignent potentiellement nos règles », a précisé Mark Zuckerberg. Une promesse trop vague, selon certains experts.