Racisme : Ben & Jerry's boycotte Facebook aux Etats-Unis

PRISE DE POSITION Le fabricant de glaces rejoint d’autres entreprises, telles que Patagonia et The North Face

C.R. avec AFP

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La meilleure glace de Ben & Jerry's (la Cookie Dough, à gauche) et d'autres sur un étal américain
La meilleure glace de Ben & Jerry's (la Cookie Dough, à gauche) et d'autres sur un étal américain — TRIPPLAAR/SIPAUSA/SIPA

Face à Facebook, les marques prennent la parole et haussent le ton. Dernière en date, Ben & Jerry's, qui a annoncé qu’elle cessait d’acheter de l’espace publicitaire sur la plateforme, rejoignant une liste croissante de grandes enseignes qui ont décidé de boycotter le réseau social accusé de ne pas faire assez contre les messages de haine. « À partir du 1er juillet, nous observerons une pause concernant toutes les publicités payantes sur Facebook et Instagram aux Etats-Unis », a déclaré le confiseur du Vermont.

La campagne #StopHateForProfit, soutenue par la Ligue antidiffamation (ADL), l’Association nationale pour l’avancement des personnes de couleur (NAACP) et d’autres groupes de défense des droits, appelle les annonceurs à boycotter le premier réseau social mondial au mois de juillet.

« Nous demandons à Facebook de prendre les mesures claires et sans équivoque préconisées par la campagne pour empêcher que sa plateforme ne soit utilisée pour diffuser et amplifier le racisme et la haine », a déclaré Ben & Jerry’s.

La volonté de modérer les propos de Donald Trump

Le fabricant d’articles de sport Patagonia avait ajouté son nom à la liste dimanche, rejoignant ainsi ses rivaux The North Face et REI, ainsi que l’agence de recrutement indépendante Upwork. Cette initiative intervient alors que Facebook subit une pression croissante concernant son approche non interventionniste concernant la désinformation et les messages incendiaires, notamment de la part du président américain Donald Trump.

Contrairement à Twitter, Facebook avait décidé de ne pas intervenir fin mai contre un message du président américain – « Les pillages seront immédiatement accueillis par les balles » – au sujet des manifestations en soutien à George Floyd, un Afro-américain mort asphyxié par un policier blanc, qui ont parfois dégénéré en émeutes.

Mark Zuckerberg s’explique (et agit)

Dans les jours qui ont suivi les messages controversés de Donald Trump, plusieurs dizaines d’employés de Facebook ont exprimé leur mécontentement. Le 17 juin, le fondateur de Facebook Mark Zuckerberg a de nouveau défendu les lignes directrices de son réseau concernant la liberté d’expression. « La responsabilité ne fonctionne que si nous pouvons voir ce que disent ceux qui cherchent à obtenir nos votes, même si nous n’aimons vraiment pas ce qu’ils disent », a-t-il écrit dans une tribune publiée par USA Today.

Deux jours plus tard, Facebook avait retiré des publicités publiées par la campagne électorale de Donald Trump. Elles s’attaquaient à l’extrême gauche et affichaient un triangle rouge inversé, le symbole utilisé par les nazis pour désigner les prisonniers politiques dans les camps de concentration.