« Nous ne permettrons plus les contenus malveillants », assure YouTube qui entend durcir son règlement

HAINE La plateforme de vidéos consultées par environ 40 millions de Français est régulièrement critiquée pour son laxisme face à la violence de certains de ses utilisateurs.

Alexis Patri avec AFP

— 

YouTube a dévoilé jeudi de nouvelles règles pour obtenir le statut vérifié.
YouTube a dévoilé jeudi de nouvelles règles pour obtenir le statut vérifié. — Martin BUREAU/AFP

YouTube a annoncé mercredi que les insultes, les menaces personnelles et le harcèlement en général ne seraient plus tolérés sur sa plateforme. « Nous ne permettrons plus les contenus malveillants qui insultent quelqu’un sur la base de ses caractéristiques personnelles, comme la race, le genre ou l’orientation sexuelle », déclare Matt Halprin, vice-président de la filiale de Google, dans un communiqué en ligne.

Une décision qui s’applique selon lui à tous les créateurs de contenus (particuliers comme responsables politiques), et aux messages publiés en commentaires des vidéos.

Une définition du harcèlement élargie

En juin dernier, YouTube avait été critiqué pour ne pas avoir retiré des vidéos d’un commentateur d’extrême droite, Steven Crowder, qui s’était moqué à plusieurs reprises des origines et de l’orientation sexuelle du journaliste gay et d’origine hispanique Carlos Maza.

YouTube élargit sa définition du harcèlement par ailleurs. « Les menaces sous-entendues ou implicites seront interdites au même titre que les menaces explicites », indique Matt Halprin. Dans les faits, manipuler une arme en parlant de quelqu’un ou encore placer son visage sur une vidéo de jeu vidéo violent ne seront plus acceptés.

YouTube prévoit une série de mesures contre les chaînes qui enfreignent les règles de façon répétée : démonétisation des chaînes, retrait de vidéos, et même suppression des chaînes récidivistes.

Des mesures jugées insatisfaisantes

Ce durcissement du règlement n’a pas convaincu le journaliste Carlos Maza. « YouTube ne met en place ce genre de mesures que pour distraire les reporters du vrai sujet : la non-application de ses propres règles » a-t-il réagi sur Twitter.

Le journaliste estime que les contenus haineux, en général, constituent un problème plus important plus que les insultes personnelles et cite des commentateurs politiques qui « appellent à la haine avec le sourire » contre des groupes de population, les musulmans ou les migrants, par exemple.

En juin, face aux critiques, YouTube a privé les vidéos de Steven Crowder d’accès aux revenus publicitaires.

Mais « la démonétisation ne marche pas sur YouTube », insiste Carlos Maza. « Les gens comme Crowder gagnent de l’argent grâce aux ventes de produits dérivés et aux donations. »

Depuis 2017, Google, maison mère de YouTube, a lourdement investi pour renforcer ses processus de détection et de retrait des vidéos ou propos problématiques. Avec un mélange de systèmes automatisés (intelligence artificielle) et de ressources humaines.

L’accent avait d’abord été mis sur les appels à la haine, les images terroristes, les commentaires pédophiles, etc. Sans empêcher de nouvelles polémiques liées à des contenus de ce type.