Geoffroy Lejeune, directeur de Valeurs actuelles, dénonce la campagne de Sleeping Giants.
Geoffroy Lejeune, directeur de Valeurs actuelles, dénonce la campagne de Sleeping Giants. — Lionel BONAVENTURE / AFP

CYBERACTIVISME

Le collectif de cyberactivistes Sleeping Giants s’en prend à « Valeurs actuelles »

Le collectif interpelle les annonceurs des sites visés par ses campagnes

Valeurs actuelles est dans le viseur du  collectif Sleeping Giants. Ce groupe de cyberactivistes s’est spécialisé dans la « lutte contre le financement du discours de haine ». Ses membres repèrent et interpellent les annonceurs dont les publicités apparaissent sur les sites d'extrême-droite, afin qu’ils les retirent.

Les membres de Sleeping Giants espèrent ainsi « taper au portefeuille » de ces sites. Récemment, le collectif avait utilisé Twitter pour interpeller les annonces de CNews et Paris Première sur la présence d’Eric Zemmour. Ils visent désormais Valeurs Actuelles.

« Partage systématique des propos d’Eric Zemmour »

« Nous avons longuement réfléchi avant de lancer cette nouvelle opération », précise une porte-parole anonyme. « Dans notre petit groupe, certains pensaient que Valeurs actuelles était simplement une publication avec une orientation politique marquée, qui de temps en temps commettait quelques « dérapages », dont certains sanctionnés par des condamnations tout de même », explique-t-elle.

« En nous y penchant de plus près, en lisant les articles publiés, en constatant par exemple le soutien et partage systématique des propos d’Eric Zemmour, nous nous sommes rendus compte que ce n’était pas ça. Nous ne savons pas si c’est récent, si cela s’est amplifié ces dernières années ou ces derniers mois, mais la plupart des articles reprenaient telles quelles la rhétorique, les théories complotistes, l’intolérance et l’accumulation de faits divers orientés que nous n’avions rencontrés que sur les pires blogs extrémistes », explique l’activiste, qui se fait appeler Rachel.

« Terrorisme intellectuel »

Pour le collectif, cela « disqualifie totalement ce site de l’appellation « journal ». Rachel compare Valeurs actuelles à des médias d’extrême droite comme Boulevard Voltaire, Minute, ou Rivarol : « Nous ne connaissons pas les critères d’accession au label de la CPPAP, ni tous les combien de temps ces critères sont réévalués, mais le contenu du site de Valeurs actuelles est insupportable pour quiconque a certaines valeurs humaines de tolérance, de respect des différences et de non-discrimination. » Slate rappelle que la reconnaissance SPEL de Valeurs actuelles arrive à échéance en janvier 2020.

« Nous désirons seulement que les sources de financement soient informées et consentantes, et que chacun prenne la pleine mesure de ses décisions », explique la porte-parole de Sleeping Giants. Geoffroy Lejeune, directeur de la rédaction de Valeurs actuelles dénonce auprès de Slate du « terrorisme intellectuel » et une tentative de « sabotage industriel ». « Nous ne comptons pas porter plainte mais nous allons nous battre sur le fond, car ces méthodes sont scandaleuses », ajoute Geoffroy Lejeune, qui promet de « riposter en enquêtant sur ces gens ».