Droits d'auteur : Le géant Google refuse de rémunérer les éditeurs de presse

WEB Le géant américain du numérique a annoncé de nouvelles règles pour la France qui s’appliqueront le mois prochain

20 Minutes avec AFP

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Illustration Google.
Illustration Google. — Yichuan Cao/Sipa USA/SIPA

Google ne paiera pas. C’est la réponse du géant à la réforme européenne du droit d’auteur : la plateforme refuse de rémunérer les éditeurs de presse pour l’utilisation d’extraits de leurs contenus, mais ne les affichera plus dans ses résultats de recherche en France sans leur accord.

Le géant américain du numérique a annoncé de nouvelles règles pour la France qui s’appliqueront le mois prochain, en application d'une loi adoptée cet été dans l’Hexagone, qui transpose dans le droit français la directive européenne sur le droit d’auteur. La France est le premier pays membre de l’UE à appliquer cette directive, adoptée fin mars.

Des droits voisins au profit des éditeurs de presse

Cette loi instaure notamment un « droit voisin » au profit des éditeurs de presse (qui publient journaux et magazines) et autres agences de presse, dont l’AFP. Une mesure censée les aider à faire rémunérer la reprise de leurs contenus sur les plateformes en ligne et autres agrégateurs, pour compenser l’effondrement de leurs recettes publicitaires traditionnelles, tandis que les géants du Net, dont Facebook et Google, se taillent la part du lion des revenus publicitaires en ligne.

Cette directive avait fait l’objet d’une intense bataille de lobbying à Bruxelles, avec une mobilisation sans précédent des GAFA, qui avaient notamment argué qu’elle réduirait la liberté d’expression sur Internet. Les entreprises de médias, dont l’Agence France-Presse, avaient au contraire plaidé la nécessité d’obtenir une compensation financière de la part des plateformes et autres agrégateurs d’info qui reprennent jusqu’ici gratuitement leurs informations, sous forme d’extraits, alors que celles-ci leur coûtent de plus en plus cher à produire.

Les éditeurs vont devoir faire un choix

Mais les règles présentées mercredi par Richard Gingras, vice-président de Google en charge de l’information, pour se conformer à la loi française, ne vont pas dans ce sens. Les éditeurs de presse basés en Europe devront désormais décider individuellement si, en France, des extraits de leurs infos (textes, vidéos…), ou « snippets », et autres images miniatures (appelées aussi vignettes ou « thumbnails ») continueront d’apparaître à côté des liens renvoyant vers leurs sites. Et ce, tant dans les résultats du moteur de recherche que dans Google Actualités. Pour les éditeurs qui accepteront, ces extraits s’afficheront sans qu’ils soient rémunérés par Google.

S’ils le refusent, ces extraits et autres mini-images ne s’afficheront plus désormais dans les résultats du moteur de recherche, qui n’incluront dans ce cas qu’un titre et un lien « sec » vers les infos des éditeurs concernés. Mais les actualités de ces médias continueront tout de même à être référencées, assure Google, même si ces éditeurs de presse risquent de voir le trafic vers leurs sites diminuer voire chuter.

Si Google n’a pas brandi l’arme d’une fermeture totale de Google Actualités (la version française de Google News), comme il l’avait fait en 2014 en Espagne, la pilule est difficile à avaler pour les éditeurs de presse, qui voient ainsi se réduire les espoirs de retombées liées au droit voisin.