Offensive de Facebook contre des figures extrémistes «dangereuses»

BLOQUAGE Facebook a notamment bloqué les comptes de célèbres figures américaines Louis Farrakhan, leader de l’organisation «Nation of Islam», et Alex Jones, fondateur du site «Infowars»

N.Sa avec AFP

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Facebook a lancé jeudi une nouvelle offensive contre des promoteurs de discours extrémistes, violents, antisémites, racistes ou complotistes.
Facebook a lancé jeudi une nouvelle offensive contre des promoteurs de discours extrémistes, violents, antisémites, racistes ou complotistes. — Yichuan Cao/Sipa USA/SIPA

Facebook a lancé jeudi une nouvelle offensive contre des promoteurs de discours extrémistes, violents, antisémites, racistes ou complotistes, dont les célèbres figures américaines Louis Farrakhan, leader de l’organisation « Nation of Islam », et Alex Jones, fondateur du site « Infowars ».

« Nous avons toujours interdit les individus ou organisations qui promeuvent ou se livrent à la violence et la haine, quelle que soit l’idéologie », a indiqué l’entreprise, qui a supprimé définitivement comptes et contenus liés à six personnalités et au site « Infowars », estimant qu’ils entraient dans sa catégorie « individus et organismes dangereux ». Ces décisions sont valables aussi pour sa filiale Instagram.

La tuerie de Christchurch diffusée en direct sur Facebook

Le réseau social, comme les autres plateformes Internet, est très souvent accusé de ne pas expurger assez vite les publications problématiques ou choquantes. La tuerie en mars dans deux mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande, perpétrée par un suprémaciste blanc, avait de nouveau mis le sujet sur le devant de la scène. Le tireur avait diffusé l’attaque en direct sur Facebook.

« Le processus d’évaluation de possibles infractions [aux règles d’utilisation du réseau social] est très poussé et c’est ce qui nous a conduits à décider de supprimer ces comptes aujourd’hui » jeudi, a ajouté une porte-parole.

Snoop Dogg soutient l’extrémiste Louis Farrakhan

Louis Farrakhan, 85 ans, est à la tête de « Nation of Islam », fondée en 1930. Ses membres sont reconnaissables à leur traditionnel nœud-papillon, et connus pour des prises de position violentes, régulièrement antisémites ou homophobes.

« Hitler était un très grand homme », a dit en 1984 Louis Farrakhan lors d’une interview, selon le Southern Poverty Law Center, spécialisé dans l’étude des groupes extrémistes.
Le célèbre rappeur Snoop Dogg a diffusé – sur Instagram – deux vidéos de soutien à Louis Farrakhan, insultant abondamment Facebook en des termes orduriers.

Alex Jones, 45 ans, est un célèbre complotiste d’extrême droite, fondateur du site « Infowars », prompt à diffuser théories du complot et autres infox. Alex Jones est notamment connu pour avoir prétendu que la fusillade dans l’école primaire Sandy Hook en 2012, qui avait fait 26 morts dont 20 enfants, était une mise en scène. Il ne sera désormais plus possible de partager les vidéos d'« Infowars », sinon dans le but de les condamner, a précisé le réseau social.

« Une purge purement politique »

Alex Jones et « Infowars » avaient déjà fait l’objet d’interdictions, temporaires pour certaines, de la plupart des plateformes internet l’été dernier, dont Facebook, Twitter, YouTube (Google)… Paul Nehlen, un politicien membre du parti républicain et figure de l’extrême droite américaine a aussi été banni jeudi, de même que Milo Yiannopoulos, polémiste ultra-conservateur britannique, chantre du nationalisme blanc aux Etats-Unis.

Aussi visé, Paul Joseph Watson est un jeune Britannique adepte des théories du complot dont les vidéos d’extrême droite font des centaines de milliers de vues sur internet. Sur Twitter, Joseph Watson a réagi en évoquant « une purge purement politique », affirmant n’avoir « enfreint aucune règle » du réseau.
Enfin, l’Américaine Laura Loomer est coutumière de vidéos et déclarations complotistes ou anti-mulsulmanes sur les réseaux sociaux.

Facebook va retirer toutes les pages, groupes et comptes qui les représentent d’une manière ou d’une autre (y compris les pages non officielles relayant les mêmes contenus), a précisé la firme jeudi. L’ONG américaine spécialisée « Media Matters for America » a salué dans un communiqué « un pas dans la bonne direction » de la part du réseau social.