VIDEO. Tinder: Comment cette application «sexiste» se réserve le droit «d'évaluer notre QI»

MATCHS La journaliste Judith Duportail dénonce, dans son livre « L’amour sous algorithme », les pratiques sexistes de Tinder, l’une des applications de rencontre les plus utilisées au monde

Emilie Petit

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Fin 2018, Tinder comptait 4,1 millions d'utilisateurs payants.
Fin 2018, Tinder comptait 4,1 millions d'utilisateurs payants. — ISOPIX/SIPA

Loin d’être désespérée mais très remontée, la journaliste Judith Duportail balance. Pendant quatre ans, celle qui est aussi l’une des fondatrices du collectif des Journalopes, a enquêté sur  Tinder. Elle-même utilisatrice, elle a voulu en savoir plus sur le fonctionnement opaque de l’une des applications de rencontre les plus rentables du moment.

Dans son livre-enquête L’amour sous algorithme (éd. Goutte d'or), elle dévoile le système de notation « sexiste » de l’appli qui «se réserve le droit d'évaluer notre QI».

Grâce à une copie du brevet déposé par Tinder, Judith Duportail a découvert « qu’un homme qui a fait de hautes études et gagne beaucoup d’argent gagnera des points bonus, tandis qu’une femme avec le même profil aura des points malus ». Ce système de notation nommé «  Elo score », basé sur un algorithme que Tinder a annoncé avoir abandonné en mars 2019, attribuait une note cachée à ses utilisateurs en fonction de sa désirabilité.

Avec un chiffre d'affaires de 800 millions d'euros en 2018, Tinder reste l’application la plus rentable de l’ Apple Store. Elle revendique désormais 2 milliards de matchs par jour et 1 million de dates par semaine dans 190 pays, dont la France, 4e pays le plus utilisateur de l'application.

 

L’amour sous algorithme, de Judith Duportail (éd. Goutte d'or), en librairie depuis le 21 mars 2019.