Etats-Unis: Facebook a laissé filer vos données personnelles à des groupes télécoms chinois

BIS REPETITA Facebook a confirmé que des groupes télécoms chinois, dont Huawei, ont eu accès à des données privées d’utilisateurs…

20 Minutes avec AFP

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Mark Zuckerberg lors de son témoignage le 11 avril 2018 à Washington.
Mark Zuckerberg lors de son témoignage le 11 avril 2018 à Washington. — SIPA

C’est un nouveau caillou dans la chaussure de Mark Zuckerberg et son puissant réseau social. Facebook a indiqué que des groupes télécoms chinois, dont Huawei, ont eu accès à des données privées d’utilisateurs. Cette entreprise est pourtant accusée par les Américains d’être un bras armé technologique de Pékin.

Huawei, ainsi que Lenovo, OPPO et TCL… Ils font partie des fabricants de smartphones qui ont signé, il y a des années, des accords de collaboration avec Facebook pour pouvoir rendre leurs appareils compatibles techniquement avec le réseau social américain.

C’était avant les boutiques en ligne d’applications. Facebook, né en 2004, n’avait pas d’application standardisée et devait donc conclure, fabricant par fabricant, des accords de collaboration pour que ses services puissent être proposés aux utilisateurs des différents modèles de mobiles.

Le contrat rompu dans les prochains jours

Lundi, réagissant à un article du New York Times, Facebook avait confirmé l’existence de ce type d’accords avec nombre de fabricants mais sans citer de groupes chinois. Mais mardi, après un nouvel article du New York Times, Facebook a reconnu que des groupes chinois faisaient partie de ces fabricants tout en précisant que le contrat avec Huawei serait rompu dans les prochains jours.

« Huawei est le troisième plus grand fabricant d’appareils mobiles dans le monde et ses appareils sont utilisés partout dans le monde, notamment aux Etats-Unis. Facebook, comme d’autres entreprises technologiques américaines a travaillé avec lui, et d’autres fabricants chinois, pour rendre compatible (Facebook) avec leurs téléphones », a indiqué par mail à l’AFP, Francisco Varela, chargé des partenariats mobiles au sein de l’entreprise dirigée par Mark Zuckerberg.

« Compte tenu de l’intérêt de la part du Congrès, nous voulions préciser clairement que toutes les informations » permettant de rendre Facebook compatible avec les téléphones Huawei « étaient stockées dans l’appareil et non les serveurs de Huawei », a encore dit Francisco Varela.

Les employés du Pentagone interdits d’appareils Huawei

Mais ces révélations ont déclenché la colère de Mark Warner, vice-président de la commission sénatoriale sur le renseignement. Comme d’autres parlementaires américains, il juge que Huawei est une menace pour la sécurité nationale.

Début mai, le Pentagone a interdit à ses personnels d’acheter des smartphones Huawei (et ZTE) en raison de risques de sécurité « inacceptables ». Pour les Américains, des entreprises comme Huawei sont susceptibles de faire de l’espionnage pour Pékin.

Selon Mark Warner, les « relations étroites » entre le pouvoir chinois et Huawei sont connues « depuis 2012 ». Le groupe a toujours nié avec vigueur les soupçons de proximité avec le pouvoir chinois et rappelle régulièrement qu’il est présent dans 170 pays.

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