VIDEO. Apple attaque Facebook et en profite pour se proclamer roi du respect des données personnelles

RGPD Les utilisateurs d'appareils Apple devraient voir leurs données personnelles mieux protégées...

B.C. avec AFP

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Tim Cook, CEO dApple, et Mark Zuckerberg, CEO de Facebook, en 2016
Tim Cook, CEO dApple, et Mark Zuckerberg, CEO de Facebook, en 2016 — Eric Risberg/AP/SIPA

« Apple vient tout simplement de faire de Safari le navigateur anti-Facebook. » Le magazine spécialisé Wired a parfaitement résumé l’état d’esprit de la conférence donnée lundi par Apple. La firme s’y est présentée en chevalier blanc de la protection des données personnelles, tacle évident contre les autres géants technologiques, à commencer par Facebook, empêtré dans les controverses sur ce sujet sensible, depuis le scandale retentissant Cambridge Analytica.

Désormais, les appareils Apple ne permettront plus à Facebook de recueillir des données sur les utilisateurs via, notamment, les cookies liés au bouton « J’aime », aux espaces de commentaires, ou encore à la fonction « Partager ». Ces boutons sont typiques de Facebook, mais d’autres entreprises, comme Google ou Twitter, en proposent aussi pour partager des contenus situés sur d’autres sites.

Si une application tente d’accéder aux données par ce biais, le système en avertira l’usager, qui pourra refuser, a assuré Apple, qui va aussi empêcher les sites d’accéder en détail aux infos relatives à leur smartphone, autre moyen de pister un internaute.

Attaque en règle contre Facebook

« Nous pensons que vos données privées doivent rester privées et que vous devez contrôler qui les voit », a déclaré Craig Federighi, l’un des dirigeants d’Apple, lors de la conférence annuelle des développeurs à San José, dans la Silicon Valley.

Le système Apple bloquera désormais l’accès aux données personnelles par les applications, a aussi expliqué Craig Federighi. C’est précisément via une application téléchargée par les usagers de Facebook que Cambridge Analytica a mis la main sur les informations de dizaines de millions d’utilisateurs du réseau social.

Ces annonces interviennent alors que Facebook s’est dit lundi « en désaccord » avec le New York Times, selon lequel les fabricants de smartphones auraient pu avoir accès aux données personnelles des utilisateurs sans obtenir leur consentement en installant Facebook sur leur téléphone portable.

Apple se tresse des lauriers

C’est loin d’être la première fois qu’Apple se présente comme le bon élève dans la protection des données et son patron Tim Cook ne s’est pas privé de pilonner Facebook sur ce sujet.

Fin mars, peu après les révélations sur Cambridge Analytica, Tim Cook avait affirmé dans un entretien à la chaîne MSNBC et au site Recode qu’Apple « ne se serait pas retrouvé dans cette situation. La vérité, c’est qu’on pourrait faire un paquet d’argent si on "monétisait" notre utilisateur - si notre utilisateur était notre produit. Nous avons choisi de ne pas faire ça. »

Apple contrôle entièrement son écosystème puisqu’il vend à la fois les appareils (ordinateurs, iPhone, iPad…) et les systèmes d’exploitation. A la différence de Google ou Facebook, son modèle économique ne repose pas sur les données personnelles, qui servent à vendre des espaces publicitaires ciblés. Ce qui n’empêche pas, et de loin, Apple de collecter des données. Mais il n’a pas le besoin vital de les partager avec des entreprises tierces.

Vers la déconnexion ?

Apple a aussi annoncé lundi, un mois après Google, vouloir aider l’utilisateur à la déconnexion numérique grâce, paradoxalement, à son… smartphone, en améliorant notamment la fonction « Ne pas déranger », en permettant de rejeter plus facilement les notifications, ou encore en contrôlant et en limitant le temps passé sur son téléphone mobile.

Malgré tout, Apple présente bon nombre de fonctionnalités (réalité augmentée, appels FaceTime avec jusqu’à 32 interlocuteurs, ou encore émoticônes encore plus sophistiquées) plutôt susceptibles de pousser les utilisateurs à passer beaucoup de temps sur leur smartphone…