« Koh-Lanta » : « Quand le médecin a vu mon état, il m'a dit que c'était impossible de continuer », raconte Alexandra

INTERVIEW La chaleur étouffante de l’épreuve d’orientation et la fatigue des 30 jours d’aventure ont eu raison de la santé d’Alexandra. Elle revient sur son parcours pour « 20 Minutes »

Propos recueillis par Clément Rodriguez

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Alexandra de « Koh-Lanta » pourrait repartir pour une nouvelle saison
Alexandra de « Koh-Lanta » pourrait repartir pour une nouvelle saison — © Philippe LEROUX/ALP/TF1
  • Après 30 jours d’aventure, Alexandra a été éliminée de Koh-Lanta pour raison médicale durant l’épreuve d’orientation.
  • Menacée de mort sur les réseaux sociaux, la candidate a porté plainte.
  • Aujourd’hui, elle fait le point sur son aventure et ses à-côtés, positifs comme négatifs, pour 20 Minutes.

C’est un drôle de destin qui a été réservé à Alexandra pour cette finale de Koh-Lanta. Arrivée jusqu’à l’épreuve d’orientation, la candidate n’est pas parvenue à aller jusqu’au bout et a dû déclarer forfait pour raison médicale. Cible de messages haineux sur les réseaux sociaux, la quinquagénaire a appris à prendre du recul après avoir porté plainte. Désormais, Alexandra ne garde que le positif de son aventure, à savoir le dépassement de soi et les liens affectifs avec l’équipe des Jaunes, comme elle l’explique à 20 Minutes.

Que s’est-il passé lors de l’épreuve d’orientation, au moment de votre abandon ?

Ce jour-là, il faisait très très chaud, et après toute la privation et le manque de sommeil des derniers jours, mon corps a dit stop. J’avais très très mal à la tête, je commençais à tituber, alors j’ai appelé un médecin pour avoir un médicament, il a pris ma tension. J’ai fait une crise de bradycardie. Il a jugé nécessaire de me faire évacuer. Ensuite, je suis allée à la clinique. On n’a pas pu mettre l’épreuve sur pause, c’était trop tard. C’est dur à accepter à ce stade du jeu mais la santé, c’est le plus important.

C’est la première fois qu’il y a un abandon médical pendant l’épreuve d’orientation…

Voilà… C’est moi… Denis Brogniart m’avait dit que j’étais rentrée dans la légende avec l’épreuve des paresseux, mais je suis aussi rentrée dans la légende avec l’abandon médical à l’orientation (rires). Depuis un bout de temps, je ne devais plus être concentrée sur ce que je cherchais. Je me suis dit « Si j’appelle le médecin, il va peut-être me faire partir. » Je voulais juste un cachet. Quand il a vu mon état, il m’a dit que c’était impossible de continuer.

Durant l’orientation, Claude vous dit à plusieurs reprises que vous n’étiez pas dans la bonne zone. Qu’est-ce que vous avez ressenti à ce moment-là ?

C’est énervant parce que Claude ne voulait pas qu’on marche sur son territoire. Avec Moussa, on était perdus. Les deux objets à identifier ne devaient pas être loin l’un de l’autre, donc on se marchait dessus. Je pense qu’on n’était peut-être pas dans la bonne zone non plus. Quand Claude s’énerve, il s’énerve, et moi aussi ça m’a énervé, parce qu’en plus il faisait chaud. Dans cette épreuve, il faut maîtriser ses nerfs. Il faisait une chaleur terrible, et ça a duré très longtemps, donc au moindre truc, ça part.

Vous avez reçu des messages de haine sur les réseaux sociaux. Est-ce que vous êtes soulagée que la diffusion s’arrête pour pouvoir souffler ?

Pour être honnête, à un moment donné, j’aurais aimé avoir été éliminée avant. Après, je me suis dit que je n’avais pas le droit de dire ça, j’ai vécu un super truc. Ce qui a été dur pour moi, ça a été le confinement. Depuis le déconfinement, les gens qui me reconnaissent dans la rue sont gentils, ils veulent prendre des photos. Ce sont les vraies gens. Aujourd’hui, je me dis que si je devais en refaire un autre, j’en referais un autre. Ce ne sont pas les haineux et les haters qui vont me dicter quoi que ce soit. J’ai passé plusieurs nuits blanches au début, quand j’ai lu des messages qui disaient qu’on allait me tuer et tuer mes enfants… Quand on participe à un jeu et que ça arrive au commissariat pour porter plainte, il y a quelque chose qui ne va pas. J’ai été troublée mais j’ai pris du recul. Je suis tellement fière de mon parcours, c’est ça qui est le plus important.

Vous étiez très forte sur les épreuves, mais vous n’êtes pas parvenue à en remporter une. Est-ce qu’il y a de la frustration ?

Il y a une question d’âge, on n’est pas pareil à 45 ans qu’à 25 ans. Après, j’ai une frustration sur l’épreuve des sacs avec Naoil. J’étais à deux doigts de réussir, j’aurais tellement aimé finir en beauté. Mais les sacs étaient lourds, Naoil n’a pas le même gabarit que moi, j’avais perdu dix kilos. On voit que je suis toute maigrichonne et j’avais déjà du mal, j’ai lutté mais j’ai donné tout ce que j’avais. Je me suis battue et je suis fière de mon parcours.

En 30 jours d’aventure, on imagine qu’il s’est passé des tas de choses. Quel est le moment le plus marquant que vous retenez ?

Je pense que c’est l’épreuve des paresseux. Ça m’a marquée parce que je me suis dit que j’avais du mental. On n’est pas confronté à ça dans la vie de tous les jours. Je suis coach sportif et je dis toujours à mes adhérents que c’est le mental qui compte, mais on ne va jamais jusque-là. Là, c’est dans l’extrême. C’est peut-être ce qui a été le plus marquant.

Au contraire, y a-t-il une chose que vous regrettez ?

Je regrette peut-être d’avoir été trop naturelle, notamment quand je dis les choses devant les caméras. Je tournerais ma façon de parler autrement. Si c’était à refaire, je contrôlerais un peu plus ce que je dis. Je suis trop franche, quand on me pose une question, j’y réponds. Je n’ai pas joué de jeu, je suis restée moi-même, mais ça m’a valu tellement de critiques que si je le refaisais, je contrôlerais plus mon image.

Après deux mois de confinement, vous allez enfin pouvoir retrouver l’équipe des Jaunes lors de la finale en direct…

On est encore en contact, on a un groupe des Jaunes et on s’appelle régulièrement. C’était une équipe soudée à l’écran et soudée au quotidien. C’est une finale assez spéciale, mais on a quand même le droit à un direct donc on est contents, même s’il va y avoir des mesures de sécurité. Ce sera peut-être la seule occasion qu’on aura de se retrouver donc on va savourer ça.