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PARRAIN DU PAFCoup de pression sur « Complément d’enquête » pour son émission sur Hanouna

Cyril Hanouna : Pressions, menaces… Retour sur l’enquête difficile de « Complément d’enquête »

PARRAIN DU PAFCe jeudi soir sur France 2, « Complément d’enquête est consacré à Cyril Hanouna. L’émission raconte l’itinéraire du « bouffon devenu roi » et ses méthodes de mafieux
Cyril Hanouna, présentateur de « Touche pas à mon poste » sur C8.
Cyril Hanouna, présentateur de « Touche pas à mon poste » sur C8. - Mat Ninat Studio/C8 / C8
Laure Beaudonnet

L.Be.

L'essentiel

  • Un numéro de « Complément d’enquête », consacré à Cyril Hanouna et aux coulisses de « Touche pas à mon poste ! », est diffusé ce jeudi sur France 2.
  • Pendant des mois, Cyril Hanouna a essayé d’intimider le magazine d’investigation, menaçant même de le faire fermer.
  • Retour sur les dessous d’un « Complément d’enquête » qui a provoqué la colère du « parrain du PAF ».

Mieux vaut ne pas avoir le « parrain du PAF » comme ennemi. C’est la leçon de ces mois éprouvants d’enquête traversés par la journaliste Virginie Vilar, derrière le très attendu volet de « Complément d’enquête » sur Cyril Hanouna diffusé sur France 2 ce jeudi. Le présentateur star de C8, à la tête d’une fortune estimée à 85 millions d’euros, n’a reculé devant aucune pression pour faire plier le magazine d’investigation.

Un an à creuser sur le « système » Cyril Hanouna au cours duquel la journaliste a contacté 250 personnes, échangé avec 32 collaborateurs de « Touche pas à mon poste » – « TPMP » pour les intimes-, recense Le Parisien qui a fait partie de la poignée de médias à avoir accès en exclusivité à ce numéro. Retour sur les dessous d’une enquête difficile qui a mis un coup de projecteur sur les méthodes de mafieux de ce proche de Vincent Bolloré.

Les premières menaces dès le mois de mai

Après avoir accepté d’ouvrir les coulisses de « TPMP » à France 2, le service de communication s’est rétracté, raconte Le Monde. A peine Virginie Vilar a-t-elle réussi à tendre le micro par surprise à Cyril Hanouna la sortie de la Maison de la Radio sur son chemin pour France Info. Depuis le début de son enquête, la journaliste de France Télévisions a vécu une pression médiatique sans précédent. Hanouna a très vite utilisé sa plateforme – « TPMP » et ses 2 millions de téléspectateurs- pour intimider le magazine de la deuxième chaîne. Dès les premières prises de contact de la journaliste avec l’entourage de l’animateur, ce dernier a dévoilé à son armée de fanzouzes que France 2 lançait un numéro de « Complément d’enquête » à son sujet. « J’ai l’honneur d’un "Complément d’enquête" ! », avait-il lâché en direct, jouant d’emblée les gros bras.

La colère du présentateur est montée d’un cran en mai dernier. « Ce "Complément d’enquête", je vous le dis ce soir, vous allez voir, ils vont le faire, ce sera la fin de "Complément d’enquête" derrière, parce que je vais mettre mon nez dedans et vous savez que quand je mets mon nez quelque part, je fais souvent tout péter », s’était-il vanté sans rougir. « C’est la première fois qu’une personne sur laquelle on enquête annonce qu’elle va nous faire disparaître de l’antenne. Mais cet épisode a plutôt conforté notre approche : Cyril Hanouna se présente en parrain du PAF », analyse auprès de Télérama Tristan Waleckx, présentateur du magazine d’information.

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Il a tenu parole, selon les révélations du magazine culturel. En véritable mafieux, il n’a reculé devant aucune technique d’intimidation. A la rentrée, il a carrément embauché dans son émission l’ancien présentateur de « Complément d’enquête » Jacques Cardoze qui serait en train de travailler sur une enquête pour révéler les dérives de son ancienne maison et du service public.

Des chroniqueurs terrorisés

Son comportement de caïd ne date pas d’hier. Un ancien communicant d’une boîte de production concurrente a reçu un coup de fil particulièrement sévère après avoir mis la main sur un scoop avant lui, raconte un deuxième article de Télérama consacré à Hanouna. « Je vais te casser les deux jambes. Plus jamais tu ne pourras aller sur un plateau télé », lui aurait-il lancé en 2015. Sur plus de 60 personnes contactées par le magazine culturel, la majorité n’a pas souhaité témoigner à visage découvert de peur des représailles.

Pour l’émission de ce soir, la journaliste de « Complément d’enquête » a discuté avec 15 collaborateurs de TPMP, sur la trentaine contactés, ils lui ont expliqué travailler dans « une ambiance de terreur », raconte Le Parisien. « Certains disaient avoir peur des représailles… Une source nous a demandé des précautions façon mafia, avec protection, messagerie cryptée, lieu secret… Totalement dingue ! », a détaillé Virginie Vilar auprès de Télérama.

Des précautions de France 2

Son émission est devenue sa principale arme de menace. Après des mois d’intimidation et de fausses informations, « Complément d’enquête » n’est pas serein. Seuls quelques médias qui ont l’habitude de travailler avec le magazine d’investigation ont eu accès au numéro avant sa diffusion. Des précautions assez inhabituelles. Il faut dire que les révélations attendues ne brossent pas « Baba » dans le sens du poil. Outre son comportement de voyou en coulisses de son émission, on découvre dans ce numéro, selon un article détaillé de France Info, que l’animateur de C8 et ses équipes n’ont pas toujours été réglo avec leurs invités.

« Complément d’enquête » donne par exemple la parole à l’ancien policier Cédric Vladimir, révoqué en juillet 2022, qui raconte comment lui et ses collègues ont été présentés à tort comme des membres de la Brav-M, accusée de violences lors des manifestations contre la réforme des retraites. Ces policiers, qui apparaissent masqués dans l’émission, auraient pourtant bien précisé ne pas appartenir à la brigade de répression des actions violentes motorisée. Pire, Hanouna et son équipe n’auraient pas hésité à révéler leur identité à la police des polices (IGPN), balayant d’un revers de main le respect de la protection des sources des journalistes. Parmi les secrets bien gardés de ce numéro : l’interview exclusive du rappeur Booba, son meilleur ennemi. Un portrait qui ne devrait pas laisser indifférent le « bouffon devenu roi ».

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