Procès de l’attentat de Nice : France Télévisions présente ses excuses pour une chronique humoristique de mauvais goût

FIASCO Pour sa première dans « Télématin » sur France 2, ce lundi, l’humoriste Alexandra Pizzagali s’est risquée à plaisanter sur l’attentat de Nice et le terroriste Mohamed Lahouaiej-Bouhlel. Cela a suscité l’indignation d’une partie du public

F.R.
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Alexandra Pizzagali a effectué sa première chronique dans Télématin, sur France 2, le 5 septembre 2022. Et ça ne s'est pas super bien passé.
Alexandra Pizzagali a effectué sa première chronique dans Télématin, sur France 2, le 5 septembre 2022. Et ça ne s'est pas super bien passé. — Capture d'écran France 2

Le baptême du feu de l’humoriste Alexandra Pizzagali, ce lundi, dans Télématin, sur France 2, s’est transformé en four. A un tel point qu’un tweet posté dans l’après-midi sur le compte de France Télévisions indiquait que la direction des antennes du service publique et les équipes de l’émission disaient « regretter qu’une chronique à vocation humoristique ait heurté à juste titre de nombreux téléspectateurs. »

Et d’ajouter : « Nous présentons nos excuses et exprimons notre solidarité avec les victimes de l’attentat de Nice et leurs proches. »


Pour Alexandra Pizzagali, cela avait mal commencé. Et ensuite, ça a empiré. Au début de sa chronique, elle semblait mal à l’aise. Et pour cause, le prompteur sur lequel devait défiler son texte ne fonctionnait pas. Après un moment de flottement, elle a expliqué le problème, animatrices et chroniqueurs en ont ri et l’atmosphère en plateau s’est détendue. Pour quelques instants seulement.

« A-t-il fait des efforts pour respecter le Code de la route ? »

Alors que le procès de l’attentat de Nice s’ouvrait ce matin, l’humoriste avait choisi d’évoquer Mohamed Lahouaiej-Bouhlel qui a tué 85 personnes sur la Promenade des Anglais en 2016, en fonçant sur la foule au volant de son camion. « [Je ne fais] aucun effort sur la prononciation de son nom, en même temps, en a-t-il fait pour respecter le Code de la route ? Je ne crois pas », a-t-elle plaisanté.

Elle a poursuivi dans le second degré en « tentant de défendre » celui qu’elle a surnommé « le connard de la semaine ». « Amateur de salsa et de musculation… Pardonnez-moi mais ça ressemble beaucoup à mon homme idéal », s’est elle risquée à avancer. Les tendances zoophiles du terroriste lui ont inspiré cette vanne : « Ça se comprend, à Nice, il n’y a que des vieilles et des chihuahuas, on a le droit de préférer s’envoyer quelqu’un qui a des dents. »

Chaque punchline était accueillie par un silence en plateau. La réalisation n’a d’ailleurs fait aucun plan de coupe sur les personnes présentes. Et Alexandra Pizzagali a poursuivi : « Il buvait de l’alcool, se droguait, ne jeûnait pas, mangeait du porc et ne priait jamais. (…) Pour le coup, c’est l’extrême droite qui a dû être déçue, pour une fois qu’on avait un parfait modèle d’intégration, il a fallu qu’il déconne. » Quelques secondes plus tard, la publicité a été lancée sans crier gare.

« On pense à vous, on est avec vous corps et âme »

Selon l’humoriste, il ne s’agissait pas d’une censure. « Les publicités étant programmées à la minute près, elles ont été envoyées avant que j’aie pu finir ma chronique », a-t-elle avancé dans un message publié sur Instagram peu après le direct (et avant le tweet de France Télévisions).

Après la coupure pub, Alexandra Pizzagali était toujours en plateau. Elle s’est exprimée « au premier degré » en disant sa solidarité envers les victimes de l’attentat de Nice et leurs proches : « On pense à vous, on est avec vous corps et âme (…) tout au long de ce procès. Vous méritez d’être entendus. »


Sur Instagram, l’artiste a donné rendez-vous au public lundi prochain pour sa deuxième chronique dans Télématin. « A moins qu’un projo me tombe sur la gueule a priori ça ne pourra qu’être mieux », a-t-elle plaisanté. Elle n’a pas évoqué la manière dont ses blagues de la matinée ont été reçues.

La dernière fois que France Télévisions a publiquement désavoué un humoriste lié à ses antennes, c’était en décembre 2017. Le service public avait vertement déploré que Tex, alors animateur des Z’amours sur France 2, ait plaisanté, dans une émission de C8, sur les violences faites aux femmes. Elle l’avait licencié par la même occasion.