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INTERVIEW« Je suis attentif aux critiques argumentées », assure Cyril Féraud

France 3 : « "Duels en familles" est un "Intervilles" de la culture générale », affirme Cyril Féraud

INTERVIEWL'animateur, homme-phare du service public, donne le coup d'envoi du jeu qu'il a inventé, ce lundi, à 16h10 sur France 3
Cyril Féraud sur le plateau de Duels en familles, un jeu dont il est le créateur.
Cyril Féraud sur le plateau de Duels en familles, un jeu dont il est le créateur. - François Roelants - FTV / Phototele
Fabien Randanne

Propos recueillis par Fabien Randanne

L'essentiel

  • Duels en familles, le nouveau jeu de France 3 créé et présenté par Cyril Féraud, est lancé ce lundi 29 août, à 16h10.
  • « Tout s’est dessiné très vite. Je me suis dit qu’il fallait trois manches, une dramaturgie et, surtout, qu’on ait ces familles avec nous toute la semaine. Elles viennent aussi raconter leur coin de France, ce qu’il y a à voir dans leur ville… », explique Cyril Féraud.
  • « Plus on a d’émissions, plus on est exposé à la critique, il faut savoir l’accepter, affirme Cyril Féraud qui poursuit la présentation de Slam et que l’on retrouvera samedi sur France 2 pour un nouveau numéro du Quiz des champions. Je suis attentif à celles qui sont fondées et argumentées. Si un téléspectateur m’écrit pour me dire que je coupe trop la parole aux candidats, eh bien cela me fait réfléchir. »

Dès ce lundi, à 16h10, sur France 3, Cyril Féraud ouvre les portes de son grand appartement. Ou presque. Le décor de Duels en familles, le jeu qu’il a créé, ressemble à un grand salon cosy. « La seule chose qui rappelle un plateau de télé, ce sont les pupitres. Et encore, pour les concevoir, nous sommes partis de vrais meubles. J’ai l’impression de recevoir les gens chez moi », assure l’animateur à 20 Minutes. Tout au long de la semaine, les deux mêmes familles, composées de quatre membres, joueront pour glaner quelques milliers d’euros et parler de leurs régions d’origine.

Un nouveau défi que Cyril Féraud, qui rempile également à la présentation de Slam sur la troisième chaîne, semble aborder avec excitation et sérénité.

Comment vous est venue l’idée de « Duels en familles » ?

C’est parti d’une envie. On n’a jamais eu, sur France Télévisions​, de jeu faisant s’affronter des familles. J’étais persuadé que ça allait créer une ambiance particulière. Une nuit d’insomnie, j’ai commencé à y réfléchir. J’ai écrit le concept sur mon iPhone et je me suis endormi à 5h du matin. L’émission qu’on met à l’antenne est identique à mes notes, à quelques détails près. Tout s’est dessiné très vite. Je me suis dit qu’il fallait trois manches, une dramaturgie et, surtout, qu’on ait ces familles avec nous toute la semaine.

Pourquoi ?

Pour pouvoir prendre le temps de s’intéresser à tous les membres de chaque famille, qu’ils puissent nous raconter des éléments de leur vie. Je voulais que les familles se sentent vraiment chez elles, c’est pour ça qu’on leur demande de venir avec leurs cadres photos [qui apparaissent à l’arrière-plan du décor]. Contrairement à ce qu’ont écrit certains sur les réseaux sociaux, il n’était pas question de refaire Une famille en or. Là, on est vraiment sur un jeu de culture générale avec des quiz à base de mots, d’images, de musique, de connaissance des régions…

Chaque famille représente la région d’où elle vient. C’était une manière de tourner le dos au parisianisme ?

Ce n’est pas antiparisianiste parce que Paris fait partie de la France et les gens qui y vivent viendront aussi jouer. Cela fait des années que je suis sur France 3, que je fais raconter les régions aux candidats de mes émissions, que je les raconte à travers La Carte au trésor. Je me suis dit que faire venir des clans serait l’occasion de créer une sorte d'« Intervilles de la culture générale ». Ces familles viennent raconter leur coin de France, ce qu’il y a à voir dans leur ville…

C’était dans le cahier des charges demandé par France 3 ?

Non, la chaîne ne m’a pas dit : « On cherche un jeu, qui parle des régions, avec des familles ». C’est moi qui ai proposé ce programme. Quand on a pitché le concept en décembre, ça a plu à France Télévisions qui m’a demandé de faire une émission pilote [une émission test]. Quand j’ai demandé pour quelle case, on m’a répondu : « On ne sait pas. Fais-le, on verra si ça fonctionne ». On a fait un pilote en décembre sans case horaire prédéfinie et France Télés a eu un coup de cœur.

La chaîne a fixé un objectif d’audiences ?

Sincèrement, personne ne m’a donné de chiffre. J’aimerais bien qu’on arrive à être autour de 10 % parce que c’est un chouette chiffre, qui n’est plus très facile à obtenir.

Est-il facile de trouver des familles candidates qui soient à l’aise en télé et disponibles pour le tournage de cinq émissions ?

Elles ne sont pas faciles à trouver, mais pas seulement en raison de ce que vous évoquez. Nous sommes sur France 3 et il y a une exigence de niveau. C’est pour ça que j’insiste sur les différences avec Une famille en or qui est un jeu reposant sur des sondages. Nous, on est là pour apprendre des choses. La manche 2, par exemple, est un duel en images, avec des cartes postales dont on doit deviner d’où elles ont été envoyées, ce n’est pas si simple…

Deux jeux en après-midi en semaine sur France 3, la présentation de « La Carte au trésor », les apparitions en Cyril Gossbo dans « Fort Boyard », l’animation de primes événementiels… Le service public ne peut plus se passer de vous…

(Rires) On a vu plein de gens dont certaines chaînes ne pouvaient plus se passer et on ne sait pas bien ce qu’ils sont devenus aujourd’hui. Je suis toujours très… (il cherche le mot)

Superstitieux ?

Oui. Ce qui est certain, c’est que je bosse énormément. Tout : mes textes, mes vannes… Ces émissions demandent d’avoir un planning hyper carré. J’espère que mon implication dans le travail fait le succès de ces programmes et que ma sincérité transparaît. En fait, qu’on m’aime ou qu’on ne m’aime pas, je suis comme je suis dans la vie. Quand des animateurs présentent des jeux pendant des années, ils sont souvent catalogués à tort dans une branche et on ne leur fait faire que ça. Cela fait quinze ans que je suis sur France Télévisions et on m’a fait confiance à chaque fois pour différentes typologies de programmes, je mesure la chance que j’ai.

Vous dites « Qu’on m’aime ou qu’on ne m’aime pas ». Il y a des critiques qui vous affectent ?

Aujourd’hui, je prends beaucoup de recul par rapport à ça. Plus on a d’émissions, plus on est exposé à la critique, il faut savoir l’accepter. Je suis attentif à celles qui sont fondées et argumentées. Si un téléspectateur m’écrit pour me dire que je coupe trop la parole aux candidats, eh bien cela me fait réfléchir. Je me dis que je suis peut-être effectivement un petit peu trop dynamique. La réalité c’est que, quand on arrive à la septième émission de la journée d’enregistrement, on est un peu fatigué et, pour ne pas que ça se voie, on a tendance à être dans une sorte de sur-énergie. Ça, ce sont des critiques intéressantes. Après, les « Vous en faites trop », « Vous faites des bisous aux candidats, c’est insupportable »… Je n’y peux rien, ça fait partie de moi, de mon style d’animation

Vous avez réagi avec émotion à la mort de Daniel Lévi, qui a succombé début août à un cancer. « France Dimanche » est parti de là pour faire sa Une en titrant « Cyril Féraud : Un cancer foudroyant », laissant entendre, à tort, que vous étiez malade. Cela vous a beaucoup affecté ?

Sans exagérer, j’ai trouvé cela assez traumatisant. Le matin, au réveil, j’ai l’habitude de regarder ma revue de presse sur mon appli de journaux. Là, quand j’ai vu ma tête, en couverture, en énorme, avec marqué « Un cancer foudroyant » et « Si jeune, si beau, c’est si injuste », il y a eu une demi-seconde où je me suis dit : « Est-ce que j’ai loupé un truc qui me concerne ? » Et après, il y a eu une phase de colère et j’ai espéré que ça n’allait pas me porter le mauvais œil. On connaît les ficelles de ce genre de magazine, en revanche, ce qu’on ne maîtrise pas, c’est la répercussion que ça peut avoir. J’ai une grand-mère qui a 86 ans, je sais très bien que ce type de couverture est en poster sur les maisons de la presse pour appâter le chaland. Je n’ai pas envie que, pendant une semaine, des gens aillent voir ma grand-mère avec la mine déconfite en lui disant : « On a appris pour le cancer de Cyril ». J’ai réagi avec un tweet et des posts sur les réseaux sociaux pour dire ce que j’en pensais et, malgré ça, le matin même de la parution de France Dimanche, j’ai reçu des centaines de messages sur Instagram, Facebook, Twitter, de personnes qui n’avaient pas compris et me disaient « Cyril, battez-vous ! Vous savez, les chimios aujourd’hui… » C’est terrible, en fait. C’est bizarre à vivre. D’autant plus que j’ai perdu mon papa d’un cancer. C’est un sujet délicat pour moi, ça remue dans ma famille des choses vraiment pas cool. Je ne suis pas le premier à qui ils font le coup mais il n’empêche que c’est dégueulasse.

Retour à la télévision. Samedi, on vous retrouvera de nouveau aux commandes du « Quiz des champions », à 21h05 sur France 2…

C’est mon autre bébé et mon autre grosse fierté parce que réussir en prime time à proposer aux téléspectateurs un match de ce niveau, c’était un vrai défi. Regarder des gens qui ont une culture générale phénoménale aurait pu lasser le public mais les deux premiers numéros ont été des succès énormes avec 16 % de parts d’audience. Je suis donc très content de revenir avec un troisième numéro inédit. Il y aura notamment Bruno des 12 coups de midi ou Isabelle, la dernière plus grande championne en titre de Tout le monde veut prendre sa place

« 100 % logique, la réponse est sous vos yeux » sera-t-elle bientôt à l’antenne ?

Oui, cela arrivera très bientôt en prime sur France 2. Face à moi, cent candidats vont tenter de remporter 100.000 euros. Ce sera un jeu qui permettra de rassembler toute la famille devant la télé, tout le monde pourra jouer. L’émission ne teste pas la culture générale mais la logique, l’observation et le bon sens. Je crois beaucoup en elle - on a tourné quatre primes - parce que le vrai pari de la télé aujourd’hui c’est de réussir à rassembler la famille sur le canapé le samedi soir.

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