Mais qu’est allé faire Bernard Werber dans « Les Traîtres » sur M6 ?

TELEVISION L’auteur des « Fourmis » explique qu’il a participé à ce jeu de téléréalité, lancé ce mercredi, à 21h10, sur M6, pour sortir de sa zone de confort

Fabien Randanne
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L'écrivain Bernard Werber, auteur du best seller Les Fourmis, participe au jeu Les Traîtres sur M6.
L'écrivain Bernard Werber, auteur du best seller Les Fourmis, participe au jeu Les Traîtres sur M6. — Etienne Jeanneret / M6
  • Le jeu Les Traîtres est lancé ce mercredi à 21h10 sur M6. L’émission est présentée par Eric Antoine.
  • Quatorze personnalités participent à ce jeu, dont l’écrivain Bernard Werber. « Je pense que l’aventure commence quand on est en dehors de sa zone de confort, là, j’étais dans une zone de grand inconfort et c’était excitant ! », confie l’auteur des Fourmis.

Dans un jeu de téléréalité impliquant des célébrités, qui s’attend-on à trouver ? D’ex-sportifs, des humoristes, des comédiens, une ancienne Miss France, des stars des réseaux sociaux…, c’est une évidence. Tous ces profils (David Douillet, Camille Lacourt, Alex Ramirès, Natoo, Martin Lamotte, Elsa Esnoult, Delphine Wespiser, Just Riadh…) sont ainsi au casting des Traîtres, lancé ce mercredi, à 21h10, sur M6. En revanche, parmi les quatorze personnalités prêtes à dégainer leurs stratégies plus ou moins solides, on n’aurait pas imaginé voir un auteur de best-sellers.

Bernard Werber est pourtant de la partie. Celui qui, à bientôt 61 ans, est l’un des écrivains français les plus lus au monde - 20 millions d’exemplaires écoulés rien que pour Les Fourmis –, est plutôt habitué à cultiver la discrétion. Le découvrir en joueur cathodique a de quoi surprendre. Il le reconnaît, il a « longtemps hésité » avant de dire oui. « Mon entourage me disait de ne pas y aller, que j’allais me ridiculiser, perdre toute crédibilité », a-t-il confié début juillet lors d’une table ronde à laquelle 20 Minutes a pris part.

« J’ai une confiance totale en mon ami Eric Antoine »

« On m’avait déjà proposé des émissions similaires. Ce qui m’a décidé à accepter cette fois-ci, c’est que j’ai une confiance totale en mon ami Eric Antoine. Qu’il en soit l’animateur a changé la donne », explique Bernard Werber. Le regrette-t-il aujourd’hui ? « J’ai vu un premier montage. Je ne me rends pas compte, j’attends de voir la réaction de mon entourage pour savoir quoi en penser. »

« Il ne s’est pas ridiculisé, vraiment. Il a été un grand joueur, assure Eric Antoine. J’avais très envie que Bernard soit dans l’émission. La première fois que j’ai joué à ce genre de jeu, c’était chez lui. J’ai fait deux parties en lui disant que la prochaine fois, ce serait moi le maître du jeu. Voilà, c’est fait. »

Le jeu de société dont il parle, c’est Le loup-garou de Thiercelieux auquel Les Traîtres ressemble dans les grandes lignes, mais en version grandeur nature, dans un château auvergnat avec des conciliabules au milieu de la nuit. La compétition commence lorsque les quatorze candidats s’assoient autour de la table et ferment les yeux. D’une discrète tape sur l’épaule, Eric Antoine fait savoir à trois d’entre eux qu’ils sont désignés pour être les « traîtres ». Les onze autres sont les « loyaux ».


Chaque soir, les traîtres se réunissent en secret et se mettent d’accord pour éliminer un « loyal »… qui ne paraîtra pas le lendemain au petit-déjeuner. Ils devront aussi veiller à ne pas être démasqués et éliminés par les autres participants. Car tous les joueurs, « traîtres » compris, sont régulièrement invités à voter contre ceux qu’ils soupçonnent de jouer double jeu… Stratégie, bluff et sens de la déduction sont donc les maîtres mots de l’émission.

« Une zone de grand inconfort »

« Je pense que l’aventure commence quand on est en dehors de sa zone de confort, là, j’étais dans une zone de grand inconfort et c’était excitant ! », résume Bernard Werber. A-t-il été désigné pour être traître ? Ne comptez pas sur nous pour le révéler. Ce que l’on peut vous dire, en revanche, c’est que lorsque Eric Antoine s’est entretenu en tête à tête avec chacun des candidats et leur a demandé si cela les amuserait de faire partie des traîtres, l’écrivain a été le seul à répondre non. « Je lui ai dit qu’il pouvait me l’imposer malgré tout, précise Bernard Werber. Je ne sais réellement pas mentir. C’est un bug de la vie. Et puis, c’est plus excitant de chercher les coupables que d’être un coupable et d’essayer de se planquer. »

Déformation professionnelle, Bernard Werber n’a pas pu s’empêcher d’observer le cours du jeu à travers son prisme d’auteur. « Il y a une montée dramatique, un climax, un moment de suspense extraordinaire, que la production n’a pas pu anticiper ni organiser. C’est une ligne impeccable de narration, avec des coups de théâtre, de l’imprévisible, avance-t-il. Quand on écrit un suspense, on est en course avec le lecteur. L’écrivain doit aller là où n’avait pas prévu le lecteur. Si la personne qui lit a deviné qui est l’assassin, ça ne fonctionne pas. Bon, dans l’émission, le public sait qui sont les assassins [les "traîtres"] mais il ne sait pas comment ils vont être démasqués, ni s’ils le seront. » Décidément, même en faisant la promotion d’une émission, Bernard Werber sait nous tenir en haleine…