« 20 ans d’amour » : « Je n’ai pas compris pourquoi on ne pouvait plus être amis avec Laurent », confie Adeline de « Mon Incroyable Fiancé »

INTERVIEW Celle qui s’est fait piéger il y a dix-sept ans sur TF1 revient sur l’émission qui l’a fait connaître auprès de la France entière

Laurent Ournac et Adeline dans « Mon incroyable fiancé »
Laurent Ournac et Adeline dans « Mon incroyable fiancé » — Capture d'écran/YouTube

Le Bachelor, Greg le millionnaire, Mariés au premier regard… On ne compte plus les émissions qui tentent de faire se rencontrer deux âmes sœurs. M6 propose alors de revenir sur les plus grandes émissions de dating du petit écran dans 20 ans d’amour à la télévision ce lundi à 21h10. On y verra notamment des images de la première saison de Mon Incroyable Fiancé, lancée sur TF1 en 2005.

Dans cette grande supercherie, la productrice fait croire à Adeline, qui se fait désormais appeler Angelina Toffoli, qu’elle va rencontrer l’homme de sa vie sous l’œil des caméras. Surprise, elle se retrouve face à Laurent Ournac, ou plutôt son personnage, Laurent Fortin, qui n’a alors qu’un seul but : faire péter un câble à sa dulcinée. Une fois la supercherie dévoilée à Adeline, elle avait dû réussir à faire accepter ce faux mariage à ses parents pour remporter la somme de 100.000 euros. « Je n’ai jamais cherché à être médiatisée, je ne me disais pas que je voulais faire cette émission pour être vue », témoigne Angelina auprès de 20 Minutes.

Qu’est-ce qui était le plus difficile : supporter Laurent Ournac ou devoir jouer la comédie devant vos parents ?

Jouer la comédie devant mes parents, je devais improviser face à leurs émotions. Tous les matins, on avait un brief de la production qui nous disait ce qu’on allait faire : leur annoncer qu’on allait se fiancer, se marier, etc. Il y avait des étapes. Moi, je n’avais pas de trame. Laurent, lui, avait un coach et il savait ce qu’il devait faire alors que moi, c’était de l’impro totale. Je ne savais pas ce qu’il fallait que je leur dise et comment ils allaient réagir. Ce n’est pas une comédie, ce sont de vraies personnes et il y a quand même une remise en question perpétuelle, on n’a pas envie d’aller trop loin pour ne pas leur faire du mal. Il faut trouver la juste mesure.

Vous êtes-vous quand même attachée à Laurent Fortin/Ournac dans l’émission ?

Je me suis vraiment attachée à Laurent, oui. Comme on n’était que tous les deux, je n’avais plus que lui parce que j’étais isolée dans ma chambre, on venait me chercher uniquement pour jouer des scènes totalement improvisées avec lui. J’avais été coupée de tout bien avant le tournage, je ne côtoyais plus que Laurent donc il y a eu vraiment un attachement fort. Sinon, j’étais toute seule donc à chaque fois qu’on faisait une scène, même si je ne savais pas ce qui allait se passer, j’étais hyper heureuse de le retrouver. On était deux dans ce mensonge-là, ça devenait un allié. Je me suis attachée en tant qu’alliée et qu’être humain parce que je l’appréciais.

Avez-vous gardé contact avec lui ?

Le tournage s’est déroulé en février 2005 et l’émission a été diffusée en juillet. On s’est revus plein de fois avant la diffusion, on était très très proches. Je pensais avoir gagné un ami pour la vie, on a d’ailleurs dit qu’on ne se quitterait plus. Finalement, à la diffusion, rien ne s’est passé comme prévu. Le succès a été très grand, Laurent voyait qu’il pouvait continuer là-dedans, il a saisi des opportunités et il a compris qu’il fallait qu’il se sépare de moi dans sa trajectoire. Ça a été assez difficile pour moi parce que je n’ai pas compris pourquoi on ne pouvait plus être amis. Il y a du boulot pour tout le monde, ce n’est pas parce qu’il décide de faire des trucs avec TF1 qu’on ne peut plus être amis. C’est là où j’ai été très déçue, il coupait les ponts au fur et à mesure, il est resté injoignable et c’est resté comme ça…

Diriez-vous que c’est une expérience qui change une vie ?

Je pense que c’est une émission qui a impacté ma vie. J’avais 24 ans à l’époque, elle m’a fait grandir sur beaucoup de choses, notamment dans mes relations familiales. Mon papa était très absent quand j’étais jeune, il était très pudique et quand il a accepté ce faux mariage et m’a guidée auprès de Laurent, il m’a dit qu’il m’aimait, qu’il était fier de moi et c’est ce qu’attend toute jeune fille. C’est quelque chose que je n’oublierai jamais. Il a fallu cette émission pour qu’il y ait ce rapprochement. Ça a changé ma vie.

Vous êtes devenue connue dans la France entière : il y a eu un pic d’audience à dix millions de téléspectateurs lors du faux mariage…

Je n’ai jamais cherché à être médiatisée, je ne me disais pas que je voulais faire cette émission pour être vue. J’ai eu cette opportunité, j’aimais la comédie, j’ai pris plaisir à jouer devant la caméra, il me semblait avoir des facilités pour transmettre des émotions. Quand je me suis installée à Paris après l’émission, j’ai pris des cours de théâtre pour être sûre de ce que je valais. On m’a dit que j’avais ça en moi alors je pensais que s’il y avait suffisamment de médiatisation, je pourrais dire oui à des propositions. Il y a eu des projets, mais ils n’ont jamais été au bout donc je me suis retirée de tout ça.

La presse avait très mal reçu ce programme, parlant d’exploitation de l’obésité. C’était une chose à laquelle vous prêtiez attention à l’époque ?

Je n’ai pas compris les critiques de la presse, qui a pris l’émission au premier degré. Les téléspectateurs, eux, ne se sont pas trompés : j’ai reçu des tonnes de courriers de gens qui étaient en couple avec des personnes qui n’avaient pas la même religion, la même couleur… Grâce à l’émission, ils ont eu le courage de le dire à leur famille. La presse avait mal pris l’obésité de Laurent. Si les journalistes avaient pris la peine de regarder l’émission jusqu’au bout, ils auraient vu qu’on allait au-delà des apparences. Le message d’acceptation était beau. Dix-sept ans en arrière, c’était novateur.

Que faites-vous dans la vie aujourd’hui ?

Je me suis installée à Dijon en 2011, je me suis reposée en Bourgogne, dans mes terres. Je fais de la médi-esthétique, je suis la gérante d’un centre de nouvelles technologies depuis quatre ans où on fait du lifting non chirurgical, du raffermissement, de la réparation de cicatrices.

Les gens vous reconnaissent-ils encore, dix-sept ans après ?

Oui, ça m’arrive ! J’ai ouvert en 2018, mes premières clientes sont venues par curiosité parce qu’elles savaient qui j’étais. Quand elles tombent avec moi en soin, c’est 5 étoiles avec la star de télé (rires) ! Je n’ai que des bons retours à chaque fois, ils ont aimé cette émission, il y a beaucoup de respect.