« L’amour est dans le pré » : Passer sur M6 chaque lundi provoque interrogation et enthousiasme chez les agriculteurs

LA FERME CELEBRITES Avant la diffusion de l’émission, la production s’assure que les participants connaissent tous les tenants et aboutissants d’une telle exposition

Clément Rodriguez
Noémie lors de son speed-dating de « L'amour est dans le pré »
Noémie lors de son speed-dating de « L'amour est dans le pré » — Cecile ROGUE/M6
  • La dix-septième saison de L’amour est dans le pré continue sa diffusion sur M6 ce lundi 29 août.
  • Chaque lundi soir, les agriculteurs deviennent des personnages de série télé et le public s’attache (ou parfois s’attaque) à eux.
  • Entre premières impressions et précautions de la production, comment les célibataires de l’émission vivent-ils au mieux leur notoriété ?

« On sait qu’on joue notre vie, on ne blague pas. C’est la vérité, il ne faut pas se manquer ». Thierry « coquin de sort » prend un air grave, malgré son habituelle allégresse débordante, au moment de faire le bilan de sa participation à L’amour est dans le pré. Le viticulteur âgé de 65 ans revient, sept années après son premier passage, pour trouver celle qui fera vibrer son cœur. Son cas est unique dans l’histoire de l’émission : jamais M6 et la production n’avaient donné l’occasion à un agriculteur de retenter sa chance. Cela octroie un avantage considérable à Thierry, celui de connaître les conséquences d’une forte médiatisation, contrairement à ses douze autres camarades.

Exposer sa tête devant des millions de personnes chaque lundi soir, cela n’a pas l’air d’embêter Alexandre, pour qui la diffusion du portrait en février s’est bien passée et qui ne s’inquiète pas du lancement officiel de la saison. Agnès, elle, s’est posé des questions avant de participer à l’aventure. La maître brasseuse n’appréhendait pas spécialement les critiques qu’on pourrait émettre à son encontre, mais plutôt l’impact de l’émission sur ses proches. « J’avais peur que mes attitudes puissent mettre mes filles mal à l’aise, témoigne-t-elle. Elles côtoient du monde et je ne voulais pas qu’elles soient gênées pour moi ».

Les portraits, l’apéro de la médiatisation

Pour ne pas sauter dans l’inconnu, la production veille à ce que tout le monde saisisse les enjeux d’une telle exposition. La promotion 2022 a alors été réunie en début d’année, hors caméras, pour apprendre à se connaître, partager un bon repas et être sensibilisée à l’usage des réseaux sociaux. « A la diffusion, on peut avoir un gros shoot d’amour tout comme un shoot de plein de gens planqués derrière leur écran, et c’est difficile à gérer », relate la productrice Déborah Huet. On recommande alors aux agriculteurs de privatiser leurs comptes, on leur fait rencontrer une psychologue et on leur explique comment est fait le montage, dont le résumé en quelques séquences de plusieurs jours de cohabitation peut se révéler frustrant.

Avant la longue quête de l’amour, chacun des participants connaît son quart d’heure de célébrité grâce au portrait qui lui est consacré. L’occasion pour eux de goûter aux réactions du public sur les réseaux sociaux. Noémie, elle, a « très bien vécu » cette période, estimant que son échange avec Karine Le Marchand lui ressemblait. « Tous les messages que j’ai reçus sur les réseaux, même de gens que je ne connaissais pas, m’ont fait du bien à l’ego et m’ont donné confiance, indique-t-elle. Voir qu’on plaît, ça fait du bien. Peu importe l’issue, je savais que l’émission allait être une thérapie pour moi ».

Peu de temps après leur passage sur M6, les célibataires ont pu goûter à un semblant de notoriété. Même si elle n’a pas encore été beaucoup reconnue, Agnès a été prévenue : cela viendra au fil des semaines. « J’aime bien, ça ne me dérange pas, rigole-t-elle. Les gens qui nous accostent sont bienveillants, ils nous demandent une photo. C’est agréable, on n’a jamais eu de critique pour le moment. On en aura, c’est obligatoire, mais ils ne viendront pas nous le dire en face », relativise-t-elle.

La famille « ADP » en action

Ce qui est bien lorsque l’on participe à L’amour est dans le pré, c’est que l’on sait que 195 personnes sont passées par là avant nous. Un réseau « d’anciens » se crée alors pour permettre aux nouveaux de faire leurs premiers pas télévisuels (et sentimentaux) en douceur. « Thierry m’a donné des conseils pour le speed-dating et le courrier, il m’a dit de lire entre les lignes. J’ai aussi reçu des messages d’anciens sur les réseaux », indique Noémie. Alain, lui, a même échangé avec Matthieu ( le mari d’Alexandre) avant de se prononcer définitivement quant à sa participation.

« Il y a la vraie communauté des anciens, certains font du coaching, rapporte la productrice Déborah Huet. Beaucoup sont venus à Paris pour le Salon de l'agriculture et sont passés sur le stand de Pierre et Fred qui leur donnent des clés ». Le lien créé par les agriculteurs de cette promotion lors de leur rencontre en début d’année a également aidé certains à gérer au mieux le stress d’une telle épreuve. « On s’échangeait des messages tous les jours et on pouvait se poser des questions puisqu’on vivait tous la même aventure, souligne Noémie. On a beau en parler à notre famille, ils nous disent des choses mais ça rentre par une oreille et ça ressort par l’autre parce qu’ils ne savent pas vraiment ce que l’on vit ». Les liens du sang ne sont donc à rien à côté des liens de L’amour est dans le pré.