Marseille : « Les producteurs travaillent à une future vie de "Plus belle la vie" », assure Laurent Lhardit, adjoint au maire

INTERVIEW L’adjoint au maire de Marseille chargé de l’économie Laurent Lardhit évoque l’avenir des studios de Plus belle la vie au sein du Pôle média de la Belle de Mai, propriété de la ville

Propos recueillis par Mathilde Ceilles
— 
Les équipes de la série « Plus belle la vie » occupent les studios du Pôle Media de la Belle de Mai depuis 18 ans
Les équipes de la série « Plus belle la vie » occupent les studios du Pôle Media de la Belle de Mai depuis 18 ans — GERARD JULIEN / ARCHIVES / AFP
  • France Télévisions a annoncé l’arrêt de la diffusion de la série Plus belle la vie
  • L’adjoint au maire de Marseille en charge de l’économie évoque l’avenir des studios occupés par la série depuis dix-huit ans dans un bâtiment qui appartient à la ville.
  • La question des intermittents qui contribuent au projet est également cruciale.

Voilà 18 ans que l’âme du quartier​ du Mistral souffle derrière ces quatre murs, dans l’ancienne manufacture des tabacs de Marseille. Mais après le départ des cigarettes, le Pôle Média de la Belle de Mai se prépare à un autre adieu : celui de la série Plus belle la vie. Ou un au revoir ? En marge d’une délibération du conseil municipal sur ce Pôle Média, propriété de la ville de Marseille ce mercredi, l’adjoint au maire délégué à l’économie Laurent Lhardit revient pour 20 Minutes sur l’arrêt de la série et ses conséquences, notamment pour les studios mis à disposition par la ville.

Que vont devenir les studios aujourd’hui occupés et aménagés pour Plus belle la vie ?

Les studios de Plus belle la vie vont rester des studios. Il y a aujourd’hui une forte demande sur ce type d’équipement, et je n’ai pas de souci sur leur occupation. Si dans le plan Marseille en Grand, il y a un projet de studios à Marseille, c’est bien parce qu’il y a de la demande aujourd’hui ! Si on formule des hypothèses, la question est de savoir si c’est un endroit qui va être mis en régie, éventuellement, pour accueillir des tournages dans les studios qui seront mis à disposition ou si on se retrouve dans une configuration de, peut-être, redémarrer Plus belle la vie ou une autre série qui devrait s’installer. A ce moment-là, la série arrive avec son propre matériel et reprend ce studio pour l’exploiter pour un nouveau programme.

C’est une option ?

Pour le moment, on ne sait pas. On a vu Newen (la société de production de la série) la semaine dernière. Ils nous ont confirmé leur intention de départ fin septembre mais ils nous demandent encore un délai de réflexion car ils sont toujours en discussion et ils continuent à croire dans Plus belle la vie. Ils travaillent sur ça : relancer le projet Plus belle la vie sous une forme différente. Une future vie de Plus belle la vie. Ils nous ont dit qu’ils reviendraient vers nous au mois de juillet car ils sont en train de creuser des pistes. Mais allez savoir à quoi ils vont aboutir. Ce ne sont que des producteurs, qui font face à des diffuseurs.

Hier, c’était France Télévisions, et ce sont eux qui ont pris la décision, au départ, d’arrêter. J’imagine qu’ils sont en contact avec d’autres diffuseurs pour proposer d’autres formules, et que si le diffuseur réclame par exemple une mensuelle, Newen est prêt à adopter le projet.

Quel est concrètement le lien entre Newen et la ville de Marseille ?

Cette décision concerne la ville de Marseille au titre de l’équipement dont on est propriétaire. Nous sommes liés à Newen par un bail qui nécessite six mois de préavis pour être résilié. Ils peuvent dire : « On arrête la série fin septembre, donc le temps de déménager les studios, on en a jusqu’à la fin de l’année. » Mais pour l’instant, on n’en est pas là. On a un locataire. Si demain, il s’en va, le locataire, ça sera un autre ! Ça, c’est clair ! On ne va pas laisser ça vide.

Quid des intermittents qui travaillaient sur cette série ?

Le devenir des 600 intermittents du spectacle qui travaillent sur la série est une question sociale cruciale. Plus belle la vie, pour beaucoup, c’est un socle. Mais il y a aussi une question d’équilibre de l’écosystème parce qu’il ne faudrait pas non plus que ces salariés, basés à Marseille, décident, à un moment donné, de partir de Marseille. En effet, ces techniciens-là répondent aussi à des gens qui viennent à Marseille pour tourner à Marseille. Il y a donc derrière la question de l’attractivité de la filière à Marseille.

On est en train de discuter avec les syndicats pour essayer de savoir l’état d’esprit des gens, pour voir s’il va y avoir un problème ou pas. Les premières remontées de terrain que l’on a sont plutôt rassurantes. Il pourrait y avoir autant de journées de tournage par an qu’actuellement. Aujourd’hui, la destination Marseille est très attractive pour les tournages. On en avait jusqu’ici 500 par an à Marseille, et on est plutôt en augmentation. Les besoins sont de plus en plus importants et Marseille de mieux en mieux identifiée, avec des décors recherchés. Tout ça, ce sont des choses installées qui ne semblent pas remises en cause par le départ de Plus belle la vie.

Êtes-vous en contact avec France Télévisions ?

Newen va revenir vers nous par écrit, et on rencontre France Télévisions au mois de juillet. Ils ont pris l’engagement de continuer à investir 30 millions d’euros. On a donc, déjà, vérifié auprès de Newen qu’ils payaient cette somme. On va leur demander aussi où ils comptent investir ces 30 millions d’euros : sur Marseille ou au-delà ? Et pour combien de temps ? Je veux vérifier que ce n’est pas un one shot, ou qu’ils ont dit ça pour se sortir de cette situation…