« Top Chef » : « J’ai gagné cinq années d’expérience professionnelle », se réjouit Sébastien, éliminé en demi-finale

INTERVIEW Le candidat n’a pas réussi à battre Louise et Arnaud sur son épreuve du lièvre à la royale

Propos recueillis par Clément Rodriguez
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Sébastien, demi-finaliste de la saison 13 de « Top Chef »
Sébastien, demi-finaliste de la saison 13 de « Top Chef » — Marie ETCHEGOYEN/M6
  • Ce mercredi, M6 proposait la demi-finale de la treizième saison de Top Chef.
  • Arnaud a réussi son épreuve, Louise est arrivée en tête de la sienne mais pas Sébastien, qui a été éliminé aux portes de la finale.
  • « Ça ne passe pas pour la dernière épreuve mais ce n’est pas grave parce que j’ai tellement appris », témoigne le candidat auprès de 20 Minutes​.

La finale de Top Chef se fera sans lui. Ce mercredi, Sébastien a été éliminé juste avant l’épilogue de la treizième saison du concours culinaire de M6. Face à Arnaud et Louise, le cuisinier venu du Nord n’est pas parvenu à s’imposer malgré son épreuve 100 % technique autour du lièvre à la royale. Épaulé par Paul Pairet en fin de parcours, le candidat a connu trois brigades au fil de la compétition. « J’ai beaucoup aimé Glenn Viel, il avait les mêmes paillettes dans les yeux que nous parce que c’était sa première saison », sourit le demi-finaliste à 20 Minutes.

Personne ne marque de point sur les épreuves de Louise et Arnaud. Vous mettez-vous une vraie pression avant votre épreuve au vu de l’enjeu ?

Je suis dans l’état d’esprit habituel. Il faut essayer de marquer des points parce que je suis aux portes de la finale. De la même façon que j’abordais les dernières chances, j’ai essayé de trouver le bon angle et de réussir mais dans un esprit assez serein parce que je m’apprête à faire ma cuisine et rester moi-même.

Pourquoi avoir choisi cette épreuve du lièvre à la royale ?

Ce n’est pas évident de trouver une idée pour mettre les autres en difficulté. Ce que j’aime faire, ce sont les plats classiques et mettre en valeur la gastronomie des Hauts-de-France. Le lièvre à la royale, c’est assez drôle parce que c’est 24 heures de marinade, plusieurs heures de cuisson. Je me dis que je suis un peu fou et qu’il faut tenter le tout pour le tout.

Un peu trop fou ?

Je trouvais que c’était une belle épreuve. Ça ne m’a pas permis d’avoir de point mais le niveau était très élevé donc ce n’était pas évident. C’est dur de trouver une épreuve quand même ! Ce qui était fou, c’était de faire en deux heures un plat qui en demande 48.

Finalement, vous ne marquez pas de point car les assiettes de Louise et Arnaud ont été jugées meilleures que la vôtre. Comment l’expliquez-vous ?

Je ne vois pas les choses comme ça. A ce moment-là, je n’ai pas de regrets. Je suis arrivé en demi-finale, j’ai appris plein de choses, j’ai rencontré des chefs des quatre coins du monde. Ça m’a permis de parler de sujets qui me tenaient à cœur, comme le harcèlement scolaire. Si mon message a pu permettre à une personne d’en parler, c’était gagné d’avance. Quand la bulle éclate, on se rend compte de notre évolution. Ça ne passe pas pour la dernière épreuve mais ce n’est pas grave parce que j’ai tellement appris. Je suis toujours resté émerveillé devant la chance que j’ai eue de participer au concours.

Quand Paul Pairet vous dit qu’il est fier de vous, c’est une petite victoire ?

Ce moment est hyper émouvant. Je suis seul face à Paul Pairet, un monsieur que j’admire. J’ai fait trois brigades, c’est fou, j’ai eu des conseils divers et variés de chacun des chefs qui sont tous très bienveillants. Leur seul but, c’est de nous amener à nous dépasser. Qu’il soit fier de moi me donne confiance en moi. Je revois mon parcours, mon arrivée à Paris, mon passage au Meurice qui m’a permis de sortir de ma zone de confort, mon retour dans le Nord… Donc c’est émouvant. Revenir à Paris et me confronter à quatorze autres candidats au talent immense avec des personnalités marquées, c’était se mettre en danger. Pour moi, ce sont cinq années d’expérience professionnelle et de créativité que j’ai gagnées avec Top Chef.

Vous êtes passé par trois brigades. Paul Pairet était-il le chef dont vous étiez le plus proche, en comparaison de Philippe Etchebest et Glenn Viel ?

J’étais assez proche de tout le monde. Ce n’est pas très difficile pour moi de parler ! J’ai vécu de belles victoires avec Paul Pairet, avec Glenn Viel et avec Philippe Etchebest. C’est compliqué de dire duquel j’étais le plus proche. Philippe Etchebest m’a donné les clés pour entrer dans le concours. J’ai aussi beaucoup aimé Glenn Viel, il avait les mêmes paillettes dans les yeux que nous parce que c’était sa première saison. Top Chef est quand même une grande cour de récré parce qu’on ne vit que cuisine pendant ces deux mois et demi et c’est ce qui m’anime.

La semaine dernière, vous avez épaté Yannick Alléno avec votre « iode de choc ». C’est le plus grand plat de votre parcours ?

C’est une de mes plus belles épreuves et un vrai coup de poker. Sur le papier, oursin et chocolat, ça ne donne peut-être pas forcément envie. Mais je devais avoir ce pass ! J’avais 45 minutes pour épater des personnes qui m’épatent. Quand Yannick Alléno dit que c'est un grand plat et que ça a sa place dans un trois-étoiles, je suis comme un petit garçon. C’est émouvant d’en reparler aujourd’hui…

Quels sont vos projets professionnels ?

Aujourd’hui, je fais du consulting et des formations en entreprise. Je fais aussi beaucoup de prestations à domicile. Mon projet est d’ouvrir un restaurant sur la Côte d’Opale dans les Hauts-de-France parce que c’est la région qui m’a vu grandir et dans laquelle je me sens bien. Je recherche la pépite et ça demande du temps. Je veux bien faire les choses et inviter les gens dans mon univers. Je veux raconter mon histoire et celles des personnes qui m’ont vu grandir. J’aimerais une trentaine de couverts avec des ambitions Michelin parce que c’est un but qui me met plein d’étoiles dans les yeux. Petit à petit, Sébastien fait son nid.