Eurovision 2022 : L’UER révèle les « schémas de vote irréguliers » des six pays qui auraient tenté de tricher

MAUVAIS POINT Ce vendredi, l'Union européenne de radiotélévision livre les éléments l'ayant conduite à ne pas tenir compte des votes des jurys de six pays pour la deuxième demi-finale et la finale du concours

Fabien Randanne
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Alessandro Cattelan, Laura Pausini et Mika ont animé l'Eurovision 2022 et se sont chargés de l'annonce des résultats.
Alessandro Cattelan, Laura Pausini et Mika ont animé l'Eurovision 2022 et se sont chargés de l'annonce des résultats. — EBU / ANDRES PUTTING

Rien ne sert de tricher, il faut bien distribuer les points. Telle est la fable que l’on retiendra de cet Eurovision 2022… Explications.

« Nous avons été désagréablement surpris de constater que le vote n’a pas été pris en compte dans le classement final, les organisateurs attribuant une autre série de notes aux concurrents de la finale », écrivait, dimanche, la chaîne publique roumaine TVR dans un communiqué publié au lendemain de la finale du concours de chansons.

Quelques heures plus tôt, l’Union européenne de radiotélévision (UER), qui organise le concours, faisait savoir que « certains schémas de vote irréguliers [avaient été] identifiés dans les résultats de six pays » lors de la seconde demi-finale. L’instance avait alors eu recours à un algorithme pour calculer un Top 10 de remplacement pour chacun des jurys concernés.

Pas top

Les jours suivants, les diffuseurs géorgien et polonais faisaient aussi savoir leur indignation d’avoir subi le même sort que leur homologue roumain et ont demandé des comptes. L’UER leur a livré une réponse ce vendredi, via un communiqué, en expliquant que des « schémas de vote irréguliers » ont été constatés dans les classements des jurys de l’Azerbaïdjan, de la Géorgie, du Monténégro, de la Pologne, de la Roumanie et de Saint-Marin.

Plus précisément, « lors de la deuxième demi-finale, il a été observé que quatre des jurys ont placé les cinq autres pays dans leur Top 5, un des jurys a placé les mêmes cinq pays dans son Top 6 et que le dernier a classé quatre de ces pays dans son Top 4 et le cinquième dans son Top 7. Quatre de ces six pays ont reçu au moins une fois le score maximal de 12 points », informe l’UER. En résumé, ces six pays se sont attribués les uns les autres un grand nombre de points.

« D’une ampleur inédite »

Cela aurait pu être un curieux hasard ou une drôle de coïncidence… Or, ce qui a laissé perplexe l’UER et les deux organismes indépendants chargés du contrôle des votes, c’est que cinq des six pays en question n’apparaissaient dans aucun des Top 8 des quinze autres jurys impliqués dans la deuxième demi-finale. Plus intrigant encore : quatre de ces six pays figuraient parmi les six derniers des classements établis par les quinze autres jurys. Autrement dit, les chansons que les jurys incriminés estimaient être les meilleures étaient parmi les plus mal notées par les autres jurys. 

L’UER qui parle d'« irrégularités d’une ampleur inédite » a donc pris la décision, conformément au règlement, de ne pas tenir compte de ces votes et de les remplacer par des Top 10 calculés de manière algorithmique et d’en faire de même pour la finale pour laquelle trois de ces pays (Azerbaïdjan, Pologne et Roumanie) étaient qualifiés.

La dernière fois que les votes d’un jury n’ont pas été pris en compte à l’Eurovision, c’était en 2019, lorsque des jurés du Bélarus ont fait fuiter leurs notes via les réseaux sociaux avant les directs. Au concours, les jurys nationaux votent la veille des directs, lors des répétitions générales appelées « jury shows », les « spectacles pour les jurys ».