« Zone Interdite » : Entre premiers et seconds rôles, l’art délicat de choisir les personnages des reportages

COULISSES Comme dans un film, le casting des intervenants dans les reportages télévisés a une importance capitale

Clément Rodriguez
Ophélie Meunier, animatrice de « Zone Interdite »
Ophélie Meunier, animatrice de « Zone Interdite » — Thomas PADILLA/AGENCE 1827/M6
  • Ce dimanche 8 mai, M6 propose un reportage sur le plus grand salon de France, la Foire de Paris.
  • Les équipes de l’émission ont suivi plusieurs personnages, choisis bien en amont, afin de faire vivre le reportage.
  • « On ne veut pas non plus se couper la possibilité d’avoir une bonne surprise, de découvrir quelqu’un sur la foire et de le suivre », indique Eric Pierrot, producteur de ce sujet, qui dévoile à 20 Minutes la façon dont on compose un tel casting.

​Une unité d’action, la Foire de Paris. Une unité de lieu, le Parc des Expositions de Paris. Une unité de temps, une petite semaine. Le reportage de Zone Interdite diffusé ce dimanche sur M6 coche toutes les cases pour répondre à la règle des trois unités d’une pièce de théâtre classique. Il ne manque plus qu’une chose : le texte, que les personnages ne connaissent pas encore car tout sera improvisé.

Des objets et des hommes

Le casting de ce sujet consacré aux nouvelles tendances et aux innovations côté maison de la Foire de Paris se prépare bien en amont de la représentation. Les équipes de production travaillent dessus depuis la fin de l’année dernière, en commençant par la sélection des produits qui seront mis en valeur à l’antenne « en fonction de l’évolution des mœurs, des comportements, de la consommation », témoigne Eric Pierrot, producteur de ce numéro. Ce dimanche, un zoom sera donc fait sur les machines à café dernier cri ou encore sur toute la gamme des spas, qui peuvent coûter entre 500 et 20.000 euros.

Ce n’est que dans un deuxième temps que les journalistes de l’émission sélectionnent les « personnages » qui vont exposer ces objets et essayer de convaincre les visiteurs de les acheter. « Pour un même produit, on ira forcément vers ceux qui en parlent le mieux », explique Eric Pierrot. Les coups de téléphone s’enchaînent alors dans le but de déceler quelles sont les personnes les plus susceptibles d’avoir des caméras braquées sur elles durant des heures. Pour cela, rien de tel qu’une rencontre physique, notamment à l’occasion d’une foire en province, afin de juger au mieux les qualités de chacun.

« Les premiers rôles, ce sont nos stars »

Une fois le casting en tête, il est l’heure d’établir la distribution. « Il y a des premiers rôles, des seconds rôles et des figurants, résume le producteur. Les premiers rôles doivent être de très bons personnages, ce sont nos stars ». Et comment fait-on pour dénicher une star ? Si Beyoncé n’est pas dispo, il faut se concentrer sur la passion d’une personne pour son métier, la façon de parler de son produit, sa force de conviction et les émotions qu’elle peut dégager. En résumé, si la journée à la Foire de Paris a été excellente, le bonheur doit transparaître. Au contraire, si les ventes n’ont pas été aussi bonnes qu’espéré, une pointe de tristesse doit se dégager. Bref, « il faut des gens qui expriment leurs émotions ».

Avant de poser leurs caméras au Parc des Expositions, les équipes sont déjà parties tourner quelques séquences chez les intervenants ou dans leur entreprise pour s’intéresser aux produits qu’ils vont vendre. À la veille de l’inauguration, tous les rôles sont attribués mais rien n’est gravé dans le marbre. « On ne veut pas non plus se couper la possibilité d’avoir une bonne surprise, de découvrir quelqu’un sur la foire et de le suivre », prévient Eric Pierrot. Juste avant que l’événement commence, des personnes se sont d’ailleurs baladées dans les allées afin de vérifier qu’une pépite ne leur avait pas échappé.

Attention à la mauvaise publicité

Mais un autre cas de figure peut se produire. Malgré toutes leurs précautions, un personnage peut « tomber ». « Une année, on avait travaillé avec des gens censés vendre des canapés mais comme ils ne les vendaient pas, on n’avait pas grand-chose à filmer », se souvient le producteur. Pour les journalistes, cela n’aurait pas fait un bon sujet. Pour les exposants, cela aurait pu leur faire une mauvaise publicité. « Ce n’était pas intéressant donc on a été vers d’autres personnes », indique Eric Pierrot.

En plus des vendeurs, le reportage suivra des clients parfois venus de loin pour découvrir les dernières nouveautés en matière d’équipements de la maison. Une bande de copines, une famille passionnée par la foire, voilà l’autre partie des personnages, tout aussi importante pour obtenir le meilleur des castings.